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   Élections législatives en Grèce 


Dans la journée d’hier, des élections législatives ont eu lieu en Grèce. Le parti Nouvelle démocratie de Kyriakos Mitsotakis est arrivé en tête, avec 39,8 % des voix. Syriza, le parti du premier ministre sortant, Alexis Tsipras, est arrivé en deuxième position, avec 31,5 % des votes.
 


 

  • Le parti de la Nouvelle Démocratie peut compter sur une majorité absolue au Parlement (167 des 300 sièges) et voir son président, Kiriakos Mitsotakis, au poste de Premier ministre.
  • Le programme de la ND s’inscrit dans une ligne conservatrice et libérale économiquement qui mise sur l’accroissement des investissements étrangers et une collaboration accrue avec l’Union. Lire plus
 

La perte en popularité de Syriza :
 

  • La défaite de SYRIZA au premier tour des élections groupées du 26 mai – municipales, régionales, européennes – a précipité l’annonce de la tenue d’élections anticipées le dimanche 7 juillet par le Premier ministre Alexis Tsipras.
  • Depuis son élection en 2015, SYRIZA s’est trouvé fragilisé par les politiques d’austérité qu'il a mené au gouvernement.
 
 
  • L’accord de Prespa, qui permet à l’ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) de se renommer « République de Macédoine du Nord » et de poursuivre son adhésion à l’OTAN et à l’Union, a été utilisé par le parti de la Nouvelle Démocratie comme un cheval de bataille. En effet la société grecque s’y est majoritairement opposée. Lire plus
 
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   L'Iran dépasse désormais les limites fixées par l'accord de 2015

Hier, 7 juillet, l'Iran a relancé ses activités nucléaires. Téhéran avait annoncé le 1er juillet qu’il avait dépassé la limite de 300 kg de stock d’uranium faiblement enrichi autorisé par l’accord signé en 2015 (Joint Comprehensive Plan of Action). 
  • De plus, Hassan Rohani a annoncé que l’État pourrait reprendre son projet initial de réacteur à eau lourde à Arak.
  • Le Département d’État américain s’est dit prêt à renégocier un accord avec le régime iranien, mais que « tant que l’Iran continue de rejeter la diplomatie et étend son programme nucléaire, la pression économique et diplomatique va s’intensifier. » 
  • La stratégie de « pression maximale » exercée par le président américain a pour objectif premier de contraindre l’Iran à changer sa politique étrangère. 
 
  • Bien que Hassan Rohani ait demandé aux Européens de trouver une solution pour permettre les exportations d’hydrocarbures et les relations bancaires depuis son pays malgré les sanctions, l’Union n’a ni les moyens de sauver le JCPOA sans le concours des États-Unis, ni la possibilité de condamner la stratégie unilatérale de pression maximale et la rhétorique menaçante de son allié. Lire plus
  • Le conflit se déploie désormais dans le détroit d’Ormuz, comme l'ont montré les attaques récentes. Afin d’assurer un niveau minimal de sûreté dans le détroit, l’Iran doit réintégrer le circuit commercial régional. 
  • Dans ce contexte, l’Union pourrait encore jouer un rôle de médiateur favorisant l'intégration de l’Iran dans le marché pétrolier mondial, en poussant pour la création d’un nouveau fonds pétrolier dans le contexte d’Instex, qui permettra de couvrir les coûts du pétrole et le maintien de la production. Lire plus
 
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   Les candidats aux postes clés de l'Union en trois points


Ursula von der Leyen à la Commission :

  • Première femme proposée à la présidence de Commission, ministre allemande de la défense depuis 2013 et membre de la puissante organisation fédéraliste Europa-Union, Ursula von der Leyen a été au cœur des avancées récentes en matière de défense européenne (comme la Coopération structurée permanente et le Fonds européen de défense).
  • On note notamment la publication en 2016 d’un «Livre blanc sur la politique de sécurité allemande et l’avenir de la Bundeswehr » : l’Allemagne devrait contribuer plus au maintien de la sécurité internationale, y compris par des moyens militaires.
  • La ministre a cependant été très contestée en Allemagne au sein du ministère de la défense fédérale comme dans sa propre coalition : alors qu’une commission d’enquête parlementaire s’intéresse à ses largesses dans l’attribution de contrats de conseillers au ministère, les sociaux-démocrates du SPD refusent toujours de la soutenir à la présidence de la Commission.

Charles Michel au Conseil européen :

  • L’exception belge. Deuxième belge à être choisi pour le poste de Président du Conseil européen (sur trois), le premier ministre belge sortant conforte la tradition plutôt surprenante de son petit pays comme fournisseur de leaders européens. Il s’agit peut-être d’une exception belge : le système politique fragmenté et divisé du pays demande aux premiers ministres d’être plutôt des médiateurs que des stratèges.
  • L’art du deal selon Michel. Seul chef d’un parti francophone le (MR) dans la coalition quadripartite de centre-droite qui gouverne le pays depuis 2014, Michel n’est pas vu comme une figure transformatrice. Toutefois, il doit avoir bien appris la médiation et l'équilibre institutionnel à travers les nombreuses crises traversées par son gouvernement (comme le pacte sur les migrations). Cette technique lui sera très utile pour gérer les relations avec les 28 États membres.
  • Centriste libéral, proche de Macron, sa nomination assure le maintien du statu quo : Michel est très europhile mais habitué à négocier avec l’extrême droite eurosceptique (ses alliés à Bruxelles de la nouvelle alliance flamande, NVA) ; très atlantiste, ce qui rassure les pays de l’Europe centrale, assez low profile et versé dans les coulisses du pouvoir pour amener autour de la même table les différents blocs régionaux européens. 
Christine Lagarde à la BCE :
  • Un nouvel équilibre dans les institution ? Christine Lagarde, avocate et femme politique, n'est pas spécialiste de la politique monétaire. Contrairement à Mario Draghi, elle n’a jamais été à la tête d’une Banque centrale ; on peut s'attendre à une montée en puissance des autres membres du Conseil exécutif dans les processus décisionnels (notamment du chief economist).

Nota bene 👉 On peut rapprocher sa nomination de celle de Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine en 2018. 

  • La nomination de Christine Lagarde indique la politisation de la BCE. Ces dernières années ont montré une ligne de séparation de plus en plus floue entre l'économie et la politique (par exemple : la crise de la dette publique grecque, la promesse de Draghi de faire whatever it takes). Le choix de Lagarde formalise ces évolutions, dans le contexte d’une indépendance des banques centrales mise en question. 
  • Un retrait européen ? La nomination de Christine Lagarde risque d’avoir un impact de longue durée sur l’influence européenne : elle signifie le départ d'un Européen de la tête d’une des plus importantes institutions multilatérales (le FMI), sans la certitude que son successeur sera européen (ce qui impliquerait une rupture de la tradition). 

Josep Borrell comme Haut Représentant aux Affaires extérieures :

  • La doctrine Borrell s’enracine dans le réalisme politique, ce qui implique de comprendre le nouveau changement géopolitique des États-Unis. Il écrit : « La force de l’Union est encore plus nécessaire aujourd’hui à la lumière de l’absence des États-Unis. L’Europe doit assumer sa responsabilité et nous devons nous donner les moyens de parvenir à une autonomie stratégique pour défendre nos valeurs et nos intérêts de manière efficace ».
  • Pour Borrell, la crise de l’Union européenne va de paire avec la crise de l’État providence : lorsque le budget des dépenses sociales diminue, la co-appartenance sociale européenne perd de son élan et de son unité.
  • Si la nomination de Josep Borrell est confirmée, on doit s’attendre à une vaste restructuration de la diplomatie espagnole sur au moins trois fronts : avec le pouvoir administratif à Bruxelles, ainsi que dans les régions de la Méditerranée et de l’Atlantique. Lire plus
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  Libra : une balance incertaine



© iStock

Le 18 juin, Mark Zuckerberg a annoncé la mise en place de Libra, une nouvelle crypto-monnaie. Elle permettra aux plus de deux milliards d’utilisateurs du réseau social et aux entreprises partenaires du projet d’échanger de la monnaie rapidement, sans coût et en conservant l’anonymat.

  • Libra est le premier crypto-actif pouvant potentiellement remplir le rôle d’une monnaie – la valeur de Libra sera rattachée à un groupe d’actifs à faible volatilité, notamment des bons du trésor des principaux États.
  • De plus, il y aura une réserve monétaire (et donc une politique monétaire).
  • De par la taille de son public potentiel (2,6 milliards de personnes abonnées à Facebook), Libra a la capacité de faire concurrence aux monnaies nationales. Tous les échanges entre utilisateurs de la monnaie se font en dehors des circuits monétaires classiques.
  • Se pose le problème de la régulation du risque macroéconomique – tout système de paiement doit être en mesure de réguler la circulation de liquidité. Sans Banque Centrale pour Libra, qui le fera?
  • L’avenir de Libra se jouera probablement à l’issue de sa confrontation avec les différents régulateurs mondiaux. Lire plus

Nota bene 👉 Il semble que le but de Facebook soit de répliquer le succès des géants chinois WeChat ou AliPay qui, en commençant comme des réseaux sociaux classiques, se sont étendus (avec profit) dans la sphère financière. Or, ce modèle chinois inquiète car il mélange données privées et services financiers. 

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   Le plan de Salvini : détourner l'attention


En apparence, le gouvernement italien a focalisé son attention ces dernières semaines sur la question migratoire : Matteo Salvini a engagé un bras de fer avec les ONG qui assure un secours d’urgence aux migrants provenant d’Afrique. Pourtant, c’est la question économique qui a été au centre des négociation entre Rome et Bruxelles.  
 

  • Le cas de Seawatch 3 est particulièrement pertinent : le navire, sous pavillon néerlandais, a été bloqué en haute mer pour plus de deux semaines. Après 15 jours de discussions vaines avec les autorités italiennes, la capitaine du navire, Carola Rakete, a décidé, malgré l’interdiction, d’accoster à Lampedusa. Lire plus
  • Si l’analyse juridique de la question demeure complexe et montre des zones grises, elle a fourni une opportunité à Salvini, lui permettant de détourner encore une fois l’attention de l’économie. 
  • En effet, mercredi, la Commission a décidé de ne pas déclencher la procédure pour déficit excessif contre l’Italie. Rome a accepté de revoir le budget, en engageant 7,6 millions d’euros pour réduire le déficit et d’adopter un futur budget qui soit compatible avec les règles de la Commission.
  • D'où vient l’argent ? Il était prévu pour le revenu de citoyenneté et la réforme des retraites, deux réformes fondamentales dans le programme du gouvernement Lega-M5S : la solution implique donc une réduction substantielle, au moins à court terme, des ressources prévues pour la redistribution.
  • Quelle est l’explication officielle ? Les deux mesures coûteraient moins que prévu initialement, économie à laquelle s’ajouterait une réduction du déficit grâce aux dividendes exceptionnels de la Caisse de dépôt et à la lutte contre la fraude à la TVA.
  • La décision montre l’existence d’un conflit à l’intérieur de la Lega, entre ceux qui veulent une confrontation avec la Commission et les « responsables », qui suivent une ligne plus modérée. Comme on l’avait déjà remarqué : la vraie opposition à Salvini vient de l'intérieur de la Lega.
 
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  Le Niger : centre de crise du complexe militaro-humanitaire anti-immigration ?
 



Il y a deux semaines, le Niger a signé un accord pour l’installation sur son sol d’une base des troupes des Émirats arabes unis. Le pays risque ainsi de se retrouver, après le conflit malien, intriqué, avec cette nouvelle base émiratie, dans la dimension militaire du bourbier libyen. 

  • Le Niger entre dans l’orbite de la guerre qui se mène pour dépecer une fois de plus la Libye avec le conflit de tranchée entre le pouvoir en place à Tripoli et le coup d’État de Haftar. On peut anticiper à la fois l’enlisement de ce conflit, et une contagion à tout le Sahel, avec son cortège de violences et d’insurrections.
  • Ce qui ajoutera aux embarras des dynamiques dangereuses dans lesquelles il est engagé, des trafics (de drogues de synthèse notamment, dont le Tramadol gonflé) à la contrebande, en passant par « la guerre contre le terrorisme » et le blocage des voies d’immigration vers l’Europe.
 
  • En effet, au Niger est dévolu un rôle déterminant par l’Union et la France : celui de plateforme de tri et de rétention des flux de réfugiés qui fuient la Libye ou veulent la rejoindre pour survivre et passer dans des pays limitrophes ou traverser la Méditerranée. Lire plus

 

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Argentine. La publication de documents spécifiant certains points de l’accord entre l’Union et le Mercosur ont déclenché une série de débats en Argentine. Si les polémiques portent surtout sur la capacité de l’industrie argentine de faire face à la concurrence européenne, d’autres points comme la libéralisation des marchés publics ou les limites imposées aux entreprises publiques ont aussi été soulevés. Lire plus 


Chine. Entre 2014 et 2018, la Chine a mis à l’eau l’équivalent de la Marine française ou russe. Au début des mois de juin et juillet, Pékin procédait à plusieurs tirs de missiles balistiques stratégiques depuis la mer et la terre. Aussi, le secteur maritime et naval chinois pourrait connaître dans les années à venir une révolution conséquente, avec la fusion prochaine de deux géants de l’industrie navale. Signaux faibles de l’évolution qualitative de l’armée chinoise et de la sécurisation de l’approche maritime de Pékin. Lire plus 


Libye. L’attaque de Tajoura par les forces aériennes de Khalifa Haftar, qui a causé la mort d’au moins 44 migrants logés dans le centre de détention, a ouvert un nouveau front diplomatique inattendu. Cela représente une véritable « ligne rouge » pour les diplomaties internationales et les autres acteurs actifs sur le terrain. L'incapacité de Washington à maintenir l'équilibre en Libye apparaît de plus en plus évidente. Lire plus 


Rome. La visite de Poutine en Italie du 4 juillet a été riche en rencontres, mais sans progrès réels. D'une part, l'Italie ne peut pas se permettre une trop grande autonomie par rapport aux engagements pris avec l'Union et l'OTAN ; de l'autre, la Russie ne semble pas encore disposée à modifier sa stratégie libyenne. Paradoxalement, le dialogue semble pour l'instant plus fructueux avec le Vatican qu'avec l'allié temporairement « souverainiste ». Lire plus


Tbilissi. Des manifestations contre l’influence russe en Géorgie provoquent la réforme du système électoral législatif, l’embarras du gouvernement et la colère des autorités russes, qui prennent des mesures de rétorsions économiques contre la Géorgie pour défendre leurs intérêts dans la région. Lire plus 

 
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Rédacteur en chef, Giovanni Collot



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