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Crédit : Elna Sanchis

Édito - Besoin d'air

On serait à deux doigts de vous chanter les L5, mais on va se retenir. La vérité c'est que dernièrement tout semble s'enchaîner sans qu'on ait le temps de comprendre ce qui se passe et encore moins d'anticiper ce qui va venir. On a comme une envie de poser des RTT sans fin. 

Il faut dire aussi que la vie sociale et politique française n'aide en rien ce sentiment. On a l'impression que tout nous échappe, que même les contestations légitimes des étudiants, des zadistes ou des cheminots ne trouvent pas grâce aux yeux du gouvernement comme des citoyens. Tout le monde semble en avoir ras-le-bol et préférerait faire ses valises, nous les premières. Le meilleur moyen de lutter contre la frustration reste d'en comprendre les origines. Et si la solution optimale s'avère de faire le vide pour faire le plein, qu'à cela ne tienne, prenons la tangente.

Pour les adeptes de la "staycation" (même pas déso), Mélody anime un atelier "lecture et identité" au festival Fraîches Women lancé par les filles de L'Afro. Passez faire un coucou, danser, rigoler et rencontrer des meufs cools. 

Le tour du web 

- Le collectif NAAR nous fait découvrir la scène trap marocaine. (Radar)

- L'idée de "vivre ensemble" sonne d'autant plus creuse à l'heure où les collèges parisiens semblent adeptent de la ségrégation. (Le Nouvel Obs)

- Bill Cosby a fait de Cliff Huxtable, le personnage qu'il jouait dans Le Cosby Show, sa blague la plus grinçante. (The New-York Times)

- 100 manières de rendre moins frustrantes la vie des personnes racisées. (Broadly)
- Apprendre une nouvelle langue en tant qu'emigré peut être un challenge mais aussi une source de joie. (Gal-dem)

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Des libraires qui disparaissent mystérieusement à Hong Kong, c'est aussi passionnant que flippant. (New York Times)  


- Ce n'est pas parce que vous ne regardez pas Game of Thrones comme tout le monde autour de vous, que vous devez vous en vouloir. Chacun son rythme, chacun ses envies. (Mashable)

Gens qu'on aime... Michelle Wolf



Son visage ne vous dit peut-être rien et pourtant depuis deux jours, Michelle Wolf est au coeur d'une polémique qui secoue les États-Unis. La cause? La comédienne de 32 ans - passée par le Late Night de Seth Meyers et le Daily Show de Trevor Noah- animait il y a deux jours le Dîner des Correspondants. Un évènement culturel très suivi durant lequel le pouvoir politique et les journalistes, correspondants à la Maison Blanche, sont réunis pour valoriser a place de la presse au sein de la Nation. Depuis de nombreuses années, un sketch humoristique clôture ce dîner et cette année, c'est Michelle Wolf qui s'y est collée.

Durant près de 20 minutes, la comédienne s'en est prise au Congrès Américain, à la presse, à Donald Trump "the one pussy you're not able to grab", sa fille Ivanka "aussi utile pour les femmes qu'une boite de tampons vide", à la directrice du service de presse de la Maison Blanche, Sarah Sanders, estampillée "Tante Lydia" en référence au personnage de mère matrone sadique dans The Handmaid's Tale ou "la version féminine d'Oncle Tom".

Jamais à court de punchlines, elle est revenue sur l'actualité du pays d'une manière qui ne plaît pas à tous à en croire les personnalités jugeant que le sketch n'était pas drôle, vulgaire et irrespectueux. La vérité, c'est que nous, il nous a fait rire et nous esclaffer, justement parce qu'elle ose aller là où ne s'attend pas trouver une femme. Du coup, on a hâte de voir The Break With Michelle Wolf, son talk-show produit par Netflix dont la sortie est prévue au 27 mai.

Netflix & Chill 

On ne va pas se mentir, la première raison pour laquelle on a lancé Killing Eve, c’est grâce à  Sandra Oh, plus connue pour son rôle de Cristina Yang dans Grey’s Anatomy. Troquant la pluie de Seattle contre la grisaille londonienne, elle interprète Eve, une employé du MI5 - les services secrets Britannique- qui s’ennuie dans sa vie jusqu’elle traque Villanelle (Jodie Comer), une femme assassin sociopathe. Au fil des épisodes, les deux femmes deviennent obsédées l’une par l’autre, oscillant entre fascination, envie et répulsion. Une danse un brin macabre dont on a hâte de voir le développement.

Sur notre table de chevet 

Il n’est pas étonnant que James Baldwin soit aujourd’hui revendiqué comme le penseur de la période de trouble que nous vivons actuellement. Ni qu’il soit érigé au rang de Papa de la littérature pour les afro-américains. Dans La prochaine fois le feu, une collection d’essais introduite par une préface forte de Christiane Taubira, James Baldwin met en avant des thématiques qui sont reprises aujourd’hui par des auteurs tels que Ta-Nehisi Coates ou Britt Bennett. La masculinité, la vie dans les quartiers pauvres de New-York, la place des femmes, la violence, mais aussi, sujet moins traité, la religion - Baldwin fut prêcheur durant son adolescence. 

S’il est souvent accusé d’être trop modéré comparé à des figures comme Martin Luther King ou Malcom X, il n’en ait rien. La différence entre ces trois icônes de la lutte des droits civiques, c’est justement le religieux. Là où les deux autres veulent offrir des certitudes, Baldwin offre des doutes, s’éloigne du réconfort offert par la pensée de groupe. « Les hommes semblent toujours se grouper selon un principe qui n’a rien à voir avec l’amour, un principe qui les dégagent de toute responsabilité personnelle », écrit-il. Pour Baldwin, l’individu, est central, c’est lui seul qui peut prendre la décision d’agir pour ce qui est juste, lui seul qui peut arrêter de courir après des chimères et décider d’agir. Il ne pense pas « communauté », mais « Nation » composé de noirs, blancs, latinos… Car c’est seulement ensemble que l’on pourra « faire de notre pays un vrai pays et changer le cours de l’histoire ». Toujours honnête, souvent cynique, l’espoir que nous offre Baldwin dans ce recueil, c’est celui d’un homme meilleur, à condition de le vouloir.
 

Le truc en +  

Il est des projets qu'on sait aimer avant même qu'ils ne débutent. C'est le cas de Casseroles, le podcast touchant et essentiel de Zazie Tavitian, journaliste food et bonne copine. Toutes les deux semaines, en 20 minutes, elle nous fait explorer des recettes de famille, la sienne ou celle des autres, pour mieux nous faire comprendre les questions de transmission et d'héritage. Mais c'est aussi l'histoire d'une France discrète, celle qui aime manger sans se dire gastronome, celle pour qui un plat de boulettes ou une manière de faire un couscous évoque un être cher, un passé familial et collectif qu'on a trop tendance à laisser de côté. Sans chichis, Casseroles nous donne envie de manger, mais surtout d'appeler un proche pour qu'il nous donne une recette familiale que l'on pourra nous aussi transmettre.

Casseroles par Zazie Tavitian sur Binge Audio
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Mélody Thomas est journaliste en freelance et écrit sur la mode et le genre sous le prisme de la pop culture. Elle collabore régulièrement aux magazines L’Officiel, Jalouse, Dedicate et Dull magazine.

Jennifer Padjemi travaille à BuzzFeed France, média dans lequel elle peut exprimer sa passion pour les séries, la pop culture, le lifestyle et les identités qui définissent notre société. 

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