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Marvel Auteuil

S02E28 : De l'eau avec de l'eau

Tandis que «le crossover le plus ambitieux de tous les temps» débarque sur les écrans, prenons un moment pour méditer sur le concept et ce qu'il implique, pour la fiction en général, et le cinéma en particulier...

L'Internet mondial s'est gentiment amusé ces dernières semaines de l'ambition narrative mise en avant par Marvel pour la sortie de son nouveau cluster de super-héros. Pour être tout à fait précis, l'édifice patiemment construit par le président du studio, Kevin Feige, depuis une petite quinzaine d'années s'inscrit plus exactement dans la logique spécifique de l'univers étendu consistant en une collection de récits cohérents, car élaborés comme tels.

Cette approche, qu'on retrouve depuis toujours dans la fiction, de la mythologie grecque aux Rougon-Macquart, et qui, en l'occurrence, est directement héritée des comics dont les films sont tirés, a en théorie l'avantage de récompenser l'assiduité du spectateur. Le potentiel combinatoire est vertigineux et continue de croître à mesure que Disney s'empare de nouvelles licences.

Pour autant, la logique commerciale qui a présidé à l'élaboration du MCU est limitée d'un point de vue artistique. Afin de faciliter la circulation des personnages entre les différents films de la franchise, le cinéma Marvel a été soumis à une charte esthétique et narrative extrêmement contraignante au point que tous finissent par se ressembler. Alors quand on mélange de l'eau avec de l'eau...

Le film de la semaine

Chaque semaine, notre avis, un peu détaillé sur un nouveau film à l'affiche...

Amoureux de ma femme, de Daniel Auteuil – 1h24 • Daniel (Daniel Auteuil) et Isabelle (Sandrine Kiberlain) invitent à dîner leur ami Patrick (Gérard Depardieu) pour qu'il leur présente sa nouvelle compagne, Emma, beaucoup plus jeune que lui (Adriana Ugarte). Au fil de la soirée, Daniel va peu à peu tomber sous le charme de celle-ci, et se laisser progressivement envahir par ses fantasmes, représentés par de plus ou moins longues séquences de rêveries, interrompant le récit du dîner. Ce qui s'annonçait comme une sombre pochade boulevardière semble alors prendre la direction, bien plus ambitieuse, d'une plongée dans les arcanes du désir masculin. Saluons d'abord l'audace de Daniel Auteuil qui se lance joyeusement dans cette gageure sans se simplifier la tâche, optant pour une narration sur plusieurs niveaux de réalité, qui produit quelques plaisants effets de surprise, au début du film. Malheureusement, une fois qu'on a compris le principe, le procédé s'essoufle et finit par tourner à vide. On en vient alors à se lasser du faux rythme de cette comédie pas franchement drôle, dont on ressort avec un désagréable goût d'inachevé, que renforce un dénouement un peu balourd, tombant comme la chute d'une mauvaise blague.

Le reste en bref

Le reste des sorties de la semaine avec nos résumés approximatifs...


🇺🇸Avengers : Infinity War, de Joe Russo et Anthony Russo – 2h29
Avec en plus Daniel Russo qui a joué dans le Infinity War français, ça fait quand même une sacrée famille ! 

🇬🇧Une femme heureuse, de Dominic Savage – 1h45
Dominic Cooper ne parvient pas à faire le bonheur de Gemma Arterton. Il suffisait pourtant de suivre les instructions Wikihow.

🇫🇷Comme des garçons, de Julien Hallard – 1h30
L'occasion de rappeler que l'Olympique Lyonnais a remporté 4 fois la Ligue des Champions. #àjamaislespremières

🇩🇪Transit, de Christian Petzold – 1h41
Les Petzold c'est comme les pruneaux : c'est très bon, mais on finit toujours un peu par se faire chier.

🇫🇷Les Municipaux, ces héros, de E. Carrière et F. Ginibre – 1h28
Une pensée pour les spectateurs qui vont devoir braver les grèves pour se laisser volontairement prendre en otage par les Chevaliers du fiel.

🇩🇰Mika & Sebastian : l'aventure de la poire géante – 1h20
On dirait le titre d'une vidéo Youtube dans les coulisses de The Voice, mais c'est un film d'animation danois.

🇺🇸La Route sauvage, de Andrew Haigh – 2h01
Petit conseil pour devenir ami avec un cheval : «après le travail, si vous le ramenez au pré, après l'avoir pansé et lui avoir donné une récompense, faites-le brouter». De rien, c'est pour nous.

🇮🇱Foxtrot, de Samuel Maoz – 1h53
Le réalisateur a choisi ce titre car «les danseurs de fox-trot reviennent toujours à leur point de départ». Ça marchait aussi avec la queuleuleu, mais faut avouer que c’est moins classe.

Un plan parfait

Chaque semaine, un plan (cette fois plusieurs) sélectionné par David, pour le plaisir des yeux...

L'Arme à l'œil, de Richard Marquand • 1981

Il dit qu'il voit pas le rapport

Et pourtant il y a un lien (et même plusieurs). Le meilleur de l'Internet cinéphile à portée de clic :


- IndieWire a compilé une liste des 25 réalisateurs à avoir rapporté le plus d'argent à l'international. Dommage qu'ils n'aient pas tenu compte de l'inflation.

- 50 ans après, une émission de France Culture se penche sur le contexte de l'époque de la sortie de 2001, l'Odyssée de l'espace.

- Les distributeurs allemands ont une astuce pour suggérer, avec le titre, qu'un film est français.

- Sans trop de surprise on découvre qu'Anthony Hopkins peut être encore plus flippant que quand il jouait Hannibal Lecter.

- Magie du cinéma : pour la scène de Maman, j'ai raté l'avion dans laquelle Macaulay Culkin feuilletait un exemplaire de Playboy, la production avait scotché les pages olé olé.

- Une petite photo de John Travolta en chemise hawaïenne creepy pour un rôle de stalker psychopathe dans Moose, un film réalisé par Fred Durst, le chanteur de Limp Bizkit.

- La bande-annonce du crossover foireux qu'on attendait pas forcément : The Jurassic Games.

- Une infographie tout à fait essentielle qui compare le poids et la taille des différents Batmans...

- L'affiche japonaise de Raid Dingue, le film avec lequel Dany Boon a gagné un César cette année, est un peu spéciale.

- Une excellente vidéo (en anglais) qui analyse l'usage du mot "Fuck", qui n'est autorisé qu'une seule fois dans les films PG-13.

Tombé du grenier

Qu'est-ce que c'est ? Une archive sympa qui nous rajeunit pas...

En 1969, un certain Johnny Hallyday tenait le premier rôle d'un western de Sergio Corbucci, Le Spécialiste. Le film sera présenté dans quelques jours à Cannes Classics dans une version restaurée 4K à partir du négatif image original Technicolor. L'occasion de jeter un oeil à cette savoureuse bande-annonce en VF.

La BO de la semaine

Tous les jeudis, Hugo fait plaisir à vos oreilles avec une BO de son choix...

🎶 Les Ailes pourpres : Le Mystère des flamants (Matthew Aeberhard et Leander Ward, 2008)
Bande originale de The Cinematic Orchestra
Les documentaires animaliers et leur caractère contemplatif offrent souvent aux compositeurs l'occasion de briller (on se souvient notamment des partitions d'Émilie Simon pour La Marche de l'Empereur ou de Philip Glass pour Les Animaux amoureux). C'est encore le cas pour ce film sur les flamants roses produit par Disney et musiqué par le groupe britannique The Cinematic Orchestra. On pourrait évoquer le tube The Arrival of the Birds, si mémorable qu'il contamine désormais les pubs pour parfums et les émissions de télé-réalité de M6, mais ce serait oublier un peu vite les autres morceaux de bravoure de l'album.
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Le trois en un

On vous quitte avec ça, réponses dans une semaine...

Il s'agit de retrouver le titre des trois films entremêlés dans l'image ci-dessus.
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