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On se mouille.

S03E12 : Roma en 4DX

Cette semaine nous a offert deux expériences cinématographiques radicalement opposées...

La première a consisté en la découverte sur Netflix de Roma d'Alfonso Cuarón. Brillante chronique en noir et blanc dans le Mexico du début des années 1970. La seconde avait lieu en salle, avec la projection en 4DX d'Aquaman de James Wan, énième origin story DC Comics, nous plongeant cette fois dans les profondeurs les plus kitsch de l'océan.

Tandis que l'expérience augmentée de la salle confine, par la surenchère d'effets (fauteuils dynamiques, soufflerie, projection d'eau et de fumée...), à une saturation des sens, Cuarón revient lui, cinq ans après Gravity, à une forme, en apparence, plus épurée. Les longs plans-séquences de Roma fourmillent pourtant de détails au point d'accaparer notre regard, dont il s'agit ici, de faire l'éducation.

Deux expériences opposées donc, mais qui participent ensemble à affiner la définition, sans cesse chahutée par les innovations technologiques, de ce qu'est le cinéma. Roma est-il moins qu'un film, du fait qu'il ne sorte pas en salle ? Aquaman est-il plus que cela à partir du moment où les fauteuils bougent ? Ni l'un, ni l'autre, c'est au contraire par la richesse et la diversité des propositions que cet art continue à vivre !
Pourquoi les Français aiment-ils tant les comiques de droite ? On tente de répondre à la question dans le troisième épisode de RIGOLO, en partant de L'Homme orchestre avec Louis de Funès...

Le film de la semaine

Chaque semaine, notre avis, un peu détaillé sur un nouveau film à l'affiche...

Maya, de Mia Hansen-Løve  – 1h45 • On vous parlait il y a quelques semaines d'Amanda de Mikhaël Hers, en voici un proche cousin. Un autre film français sur le temps des survivants, un autre récit de deuil et d'introspection. Les Inrockuptibles ont d'ailleurs eu la bonne idée de rassembler les deux cinéastes pour une conversation autour de leur «poésie du réel». Roman Kolinka, dont on avait déjà pu repérer le potentiel avec un petit rôle assez marquant dans Eden (2014), s'installe peu à peu – voir aussi L'Avenir (2016) – comme l'acteur fétiche de la réalisatrice. Il incarne ici Gabriel, un journaliste libéré au début du film après avoir été longuement retenu en otage. La reconstruction du trentenaire passera par celle, littérale, de la maison de son enfance, en Inde. Il y fait la rencontre d'une jeune fille prénommée Maya et c'est, entre eux deux, une nouvelle histoire d'amour impossible qui intéresse Mia Hansen-Løve. Les différents motifs qui lient les deux films – la mère absente qu'on part retrouver loin, la brutalité du drame, la romance précaire – débouchent sur une morale similaire, qui ne fait pas du couple une fin en soi, mais une simple péripétie, un passage éventuellement salutaire.

Le reste en bref

Le reste des sorties de la semaine avec nos résumés approximatifs...


🇺🇸 Le Retour de Mary Poppins, de Rob Marshall – 2h11
Oui Mary Poppins revient, mais pas le petit garçon du film original. Parce qu'il est mort. À 21 ans. D'une pancréatite. Expialidocious.

🇺🇸 Aquaman, de James Wan – 2h24
2h24, certes, mais qui n'a jamais rêvé de voir Willem Dafoe chevaucher un requin-marteau ?

🇫🇷 L'Empereur de Paris, de Jean-François Richet – 1h50
Quelqu'un a des nouvelles de Pitof ?

🇺🇸 Wildlife : une Saison ardente, de Paul Dano – 1h44
Deux jeunes et beaux amants enfantent un sosie de Paul Dano. Une épreuve dont le couple ne se relève pas.

🇬🇧 The Bookshop, d'Isabelle Coixet – 1h52
Une libraire fout le bordel dans un village en commercialisant Lolita de Nabokov alors qu'elle aurait pu se contenter de bloquer un rond-point.

🇬🇧 The Happy Prince, de Rupert Everett – 1h45
Saoulé de n'être sollicité que pour des rôles d'hommes homosexuels, Ruper Everett réalise son propre film. Il y incarne Oscar Wilde.

🇰🇷 Grass, de Hong Sang-soo – 1h06
Le titre suggère-t-il que les personnages d'HSS sont passés de l'alcool à la beuh ?

🇫🇷 Le Gendre de ma vie, de François Desagnat – 1h40
Julie Gayet, qui compare Kad Merad à De Funès, avoue se prendre pour Claude Gensac. Figurez-vous que son fétiche apparent pour les hommes chauves, la falakrophilie, n'est pas encore listé sur Wikipédia parmi les paraphilies connues.

De derrière les fagots

Chaque semaine, un film pas très très connu mais qui vaut le coup d'œil...

Un étrange voyage, d'Alain Cavalier (1980) • Pierre attend sa mère sur un quai de la Gare de l'Est, mais elle n'arrive pas. Quand il apprend que l'aïeule a bel et bien embarqué dans le train, il décide de partir à sa recherche, à pied, le long de la voix ferrée, accompagné de sa fille. Alain Cavalier, qui à l'époque s'exprimait encore par le prisme de la fiction, offrait ici à Jean Rochefort l'un de ses plus beaux rôles dramatiques.

Il dit qu'il voit pas le rapport

Et pourtant il y a un lien (et même plusieurs). Le meilleur de l'Internet cinéphile à portée de clic :


- Bao, le court-métrage Pixar nommé aux Oscars, est visible en entier sur le web.

- D'ailleurs ça nous fait penser qu'on a appris récemment que Tanguy, la comédie de Chatiliez qui raconte très exactement l'histoire inverse de ce court-métrage, va avoir une suite qui sort en avril 2019.

- Quand ton père bosse dans les effets spéciaux...

- Un point (à propos des séries) sur la notion de «Netflix Originals».

- Un essai vidéo (en anglais) sur la complémentarité magique de Liv Ullmann et Bibi Andersson dans Persona de Bergman.

- Une excellente vidéo (en anglais) sur l'art de sur-analyser les films.

- L'histoire de la manière dont Disney a privatisé une expression courante de la langue la plus parlée en Afrique de l'Est en déposant la marque « Hakuna Matata ».

- Macaulay Culkin a repris son rôle de Maman, j'ai raté l'avion le temps d'une pub pour l'assistant Google. La preuve en images qu'il n'y a pas que des robots dans l'uncanny valley.

- France TV aurait-il essayé de soudoyer Durendal ?

- Important : Comme le prochain numéro de Calmos arrive le 27, on compte sur vous pour offrir Movieland à tous vos cousins entre temps, et profiter du réveillon pour inscrire votre tata bourrée à la newsletter.

On dit gif, pas gif...

Chaque semaine, un reaction GIF prêt à l'emploi, pour plus de cinéma français dans les Internets !

Quand tu interprètes Allumer le feu un peu trop littéralement...

Issu de Parking, de Jacques Demy (1985)

La BO de la semaine

Tous les jeudis, on gâte vos oreilles avec une bonne petite BO...

🎶Running Man (Paul Michael Glaser, 1987)
Bande originale de Harold Faltermeyer
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 Écouter sur Spotify

Bas les masques !

Le jeu où il faut deviner qui est sous le masque. Réponse dans une semaine...

Il s'agit tout simplement de reconnaître l'acteur ou l'actrice qui se cache sous le masque...
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