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Cannes 2018, Marty la légende.

#02 : Conversation entre cinéastes

Le grand Martin Scorsese (1m63) était invité cette année à Cannes à la Quinzaine des Réalisateurs pour recevoir le Carrosse d'or. Une projection de Mean Streets (présenté à la Quinzaine en 1974) était suivie d'une discussion avec une belle brochette de cinéastes français...

De gauche à droite, Jacques Audiard, Cédric Klapisch, Rebecca Zlotowski et Bertrand Bonello ont donc pu converser une petite heure avec Marty sous nos yeux ravis. À vrai dire, la conversation, pas simple à mettre en place avec la contrainte de la traduction, a vite consisté en une succession de monologues toujours drôles et intéressants, parfois émouvants, du cinéaste américain. Du dialogue il faudra donc en chercher ailleurs et pourquoi pas, on y reviendra, entre les films...

À l'aise dans l'exercice, le réalisateur des Affranchis et de Casino est revenu sur quelques anecdotes de tournage ainsi que sur ses méthodes de travail, sur ses souvenirs d'enfance aussi et l'apprentissage de la rue. Quelques-unes de ses obsessions revenaient en filigrane : la toute puissance du cinéma, la vitesse, le style et la distinction entre le bien et le mal.

En sortant de la salle, un adolescent venu avec sa classe a bien résumé le moment : «ça fait quand même plaisir d'avoir pu écouter une légende pareille».

Les films de Cannes qu'on a vus

Nos résumés approximatifs des films vus au cours de cette édition 2018...


🇮🇷Everybody knows, de Asghar Farhadi • 2h10 (Film d'Ouverture)
Scénario prévisible dans un décor de saga de l'été, les qualités du cinéma de Farhadi semblent s'être encore un peu émoussées avec cette virée en Espagne. On sauvera malgré tout Bárbara Lennie, excellente dans son rôle de pièce rapportée au milieu du conflit familial et également à l'affiche de Petra à la Quinzaine.

🇪🇬Yomeddine, de A.B. Shawky • 1h37 (Compétition)
Sympathique road-movie égyptien. On ne peut toutefois qu'avoir des regrets en imaginant le film qu'un Francis Veber aurait pu tirer de la scène où le héros lépreux et chrétien s'évade de prison menotté à un religieux musulman.

🇷🇺L'Été, de Kirill Serebrennikov • 2h06 (Compétition)
Agréable jarmuschade russe en noir et blanc qui se regarde comme on écoute une bonne compilation rock.

🇺🇦Donbass, de Sergei Loznitsa • 2h01 (Un Certain Regard)
Un panorama de la situation de guerre civile dans laquelle est plongée la région orientale de l'Ukraine, par une succession de sketches tour à tour drôles et tragiques, voire parfaitement glaçants.

🇰🇪Rafiki, de Wanuri Kahiu • 1h22 (Un Certain Regard)
Un peu mièvre et un poil naïve, cette histoire d'amour entre filles dans un pays où c'est particulièrement compliqué à vivre vaut quand même le détour, en particulier pour ses actrices, longuement applaudies après la projection et notamment par Léa Seydoux qui avait fait le déplacement.

🇨🇴Les Oiseaux de passage, de Cristina Gallego et Ciro Guerra • 2h05 (Quinzaine des réalisateurs)
En Colombie dans les années 70, des familles d’indigènes se disputent le marché de l'export de marijuana. Visuellement très riche, cette belle fresque peine toutefois à vraiment décoller.

🇺🇸Wildlife, de Paul Dano • 1h44 (Semaine de la critique)
Un ado à l'air ahuri assiste lentement à la séparation de ses parents. Le film n'est pas très vif mais a au moins le mérite de nous donner des nouvelles de Carey Mulligan.

🇫🇷Plaire, aimer et courir vite, de Christophe Honoré • 2h12 (Compétition)
Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps et Denis Podalydès sont tous les trois excellents dans cette romance triste des années SIDA qui alterne les séquences brillantes avec des moments bien plus faibles.

🇸🇪Border, de Ali Abbasi • 1h48 (Un Certain Regard)
Idée de romance assez originale qui, plombée par des personnages inexistants, peine à être autre chose qu'un court métrage étiré sur deux heures.

🇫🇷À genoux les gars, de Antoine Desrosières • 1h38 (Un Certain Regard)
Si le film s'égare un peu, il a au moins le mérite d'accoucher de cette belle réplique : «tu veux vraiment devoir fluncher la bite de Salim jusqu’en février ?»

🇫🇷Les Confins du monde, de Guillaume Nicloux • 1h43 (Quinzaine des réalisateurs)
Solide chronique de la guerre d'Indochine truffée de plans impressionnants.

🇭🇺One Day, de Zsófia Szilágyi • 1h39 (Semaine de la critique)
24h du quotidien éprouvant d'une hongroise normale élevant ses trois enfants avec un mari pas forcément au dessus de la moyenne, le tout égayé par un paquet de chouettes idées comme cette séquence de remplissage du lave-vaisselle sur la musique d'attente du standard de la banque.

Un plan palmé

Les Parapluies de Cherbourg, de Jacques Demy • Palme d'or 1964

Les films de Cannes qu'on n'a pas vus

Nos résumés très approximatifs des autres films projetés au festival...


🇨🇳Les Âmes mortes, de Wang Bing • 8h16 (Séance spéciale)
Nous sommes actuellement sans nouvelle des spectateurs s'étant rendus en Salle du Soixantième ce matin-là. Ne les oublions pas.

🇺🇸Arctic, de Joe Penna • 1h37 (Séance de minuit)
Par contrat, les rôles de Liam Neeson sont automatiquement confiés à Mads Mikkelsen dès qu'il faut troquer la parka pour le Canada Goose.

🇹🇭10 Years in Thailand, de A. Assarat, W. Sasanatieng, C. Sriphol et A. Weerasethakul • 1h35 (Séance spéciale)
Le programme officiel parle de «film omnibus», à ne pas confondre avec les «films ouibus» qui proposent, à partir de 5€, plus de 300 destinations dans l'amour et la promiscuité (sans compter le wifi gratuit).

🇪🇸Petra, de Jaime Rosales • 1h47 (Quinzaine des réalisateurs)
Si on avait su à temps que Bárbara Lennie (voir plus haut) jouait dedans on aurait peut-être pu faire en sorte de le voir.

🇮🇹Samouni Road, de Stefano Savona • 2h08 (Quinzaine des réalisateurs)
Documentaire avec des séquences en animation sur une famille qui célèbre un mariage dans la périphérie de Gaza. On vous dit ça à 2h33 du matin, il n'y a pas de vanne, ni d'anagramme avec le nom du réal.

L'anecdote qui tue

Une magnifique anecdote cannoise, pour vous aider à briller en société...

 
Dans les années 1980, Jean-Luc Godard est un habitué de Cannes. En 1981, il est sélectionné pour Sauve qui peut (la vie), puis à nouveau l’année suivante pour Passion. En 1985, son film Détective, avec Nathalie Baye et Johnny Hallyday, est en compétition officielle. C’est l’occasion qu’a choisie Noël Godin, le célèbre «entarteur», pour châtier le réalisateur suisse, à qui il reproche d’avoir fait l’apologie de l’Église dans son film Je vous salue, Marie. Mais un entartage de Godard n’est pas tout à fait un entartage comme les autres. Juste après l’incident, il s’essuie calmement et déclare, stoïque : «c’est la revanche du cinéma muet sur le cinéma parlant». Beau joueur, Godard, apprenant que l’entarteur vient d’être radié à vie du Festival, intercèdera même auprès de la direction pour annuler la décision.

La Playlist de Cannes 2018

Une sélection aux petits oignons des meilleurs morceaux entendus dans les films du Festival...


🎶Muthony Drummer Queen - Suzi Noma (Rafiki)
Le film kenyan de la sélection Un Certain Regard s'offre la rappeuse nairobienne Muthony Drummer Queen pour un générique d'ouverture cadencé et bigarré.

🎶Pijon - Cache-Cache Party (Plaire, aimer et courir vite)
Qu'écoutait l'étudiant breton koltessien de base au début des années 90 ? Du côté de Vincent Lacoste, on part sur un bon vieux tube de la scène post-punk française de l'époque.

🎶Harry Nilsson - One (Plaire, aimer et courir vite)
On se souvient de la reprise du classique de Harry Nilsson par Aimee Mann pour Magnolia. C'est la version originale qu'a choisie Christophe Honoré pour son générique final.
 

Les jeux énervants

Tous les jours des jeux qui rendent fou pour bien vous énerver...

Cette année, Calmos vous propose de jouer avec les films du Festival de Cannes.
Pour chaque long métrage en compétition, une énigme associée, comme celle ci-dessus.
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Il faut résoudre l'anagramme, pour trouver un titre de film.
Petit indice pour vous aider : il s'agit d'un film américain.
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La newsletter n'est pas quotidienne, mais les jeux le seront. Notez que les énigmes peuvent apparaître à tout moment dans la journée de la présentation officielle du film concerné.
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Une fois l’énigme résolue, maximisez vos points en le faisant savoir sur les réseaux sociaux.
En effet, plus le nombre de participants ayant tenté de résoudre l’énigme est grand, plus celle-ci rapportera de points.

Rendez-vous lundi 14 pour la suite !
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