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Les Flux présentent

L'édito de Cluclu

L'année a été intense pour Les Flux : nous avons accouché de bébés métaphoriques et littéraux (une certaine Alexis ou un tout nouveau site internet par exemple), et nous avons continué à nourrir nos différents projets ! Vous pourrez découvrir la première vidéo de ce que nous espérons une série, le Journal de ta chatte, dès janvier 2019. En 2015, c'est par le Journal de ma chatte que je commençais à m'intéresser à la gynécologie sous un angle féministe. J'ai eu envie de reprendre un format vidéo avec le savoir-faire et la collaboration de Lisa pour explorer comment d'autres vivent la gynécologie. Le premier épisode sera diffusé lors de notre petite soirée d'anniversaire à la Mutinerie le 17 janvier !
Un dernier mot pour remercier toutes les personnes qui permettent aux Flux d'exister : Aukan, Chloé et Britney mes formidables partenaires, Lisa, Marjorie correctrice assidue, Toba contributrice et mécène, Deborah et Pavina pour leur collaboration à la boutique, Bérénice, Marie et Marion aux truffes inspirées, Annie, Alyx, Yaël, Imen, et Clara pour ses conseils avisés.
Merci à vous toutes et tous pour votre lecture attentive et nos riches échanges. On se retrouve en 2019, plus déterminées que jamais !
DANS CE NUMÉRO :
1.
IVG, la loi, la pratique autonome
2. Venez fêter notre anniversaire
3. Règles douloureuses
4. Prochains ateliers
5. Revue de presse et agenda

IVG, la loi, la pratique autonome

En France l’avortement a été dépénalisé en 1975 par la loi portée par Simone Veil. Il est pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale depuis 1982, et depuis 2001 le délai légal pour le pratiquer court jusqu’à la 12e semaine de grossesse (parfois on parle aussi de 14 semaines d’aménorrhée). Pourtant, comme l’avait démontré Roxane l’année dernière dans la newsletter, l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) reste inégalitaire. Ainsi l’existence de la législation permettant l’acte d’avortement ne garantit pas nécessairement le droit à l’IVG de toutes les femmes et personnes concernées par la grossesse (manque de médecins pratiquant l’IVG, délai, barrière économique, notamment).
 
À cet égard, les FrançaisEs qui ont dépassé le délai légal se retrouvent dans des situations très délicates. Le planning familial organise des voyages à l’étranger pour avorter dans des pays avec une législation plus souple mais le coût du voyage et de l’intervention rend souvent l’avortement impossible et alimente les discriminations envers les populations les plus précaires. Une conférence de la FIAPAC (Fédération Internationale des Associés Professionnels de l'Avortement et de la Contraception), relayée sur les réseaux sociaux, offrait une perspective inédite pour moi : “Do we need abortion laws?". En effet, au Québec notamment, l’avortement n’est pas encadré par une loi spécifique. C’est-à-dire que les personnes accèdent à ce soin comme aux autres, sans que la question du délai se pose. Ici c’est donc l’absence de loi qui garantit l’accès à l’IVG. À l’inverse, en Irlande, les militantes féministes se sont battues pour la légalisation et l’instauration d’une nouvelle législation encadrant les IVG. En Argentine, un bras de fer violent est ouvert avec l’État et l’Église catholique pour la promulgation d’une loi légalisant l’avortement.

En Europe et ailleurs, l’accès à l’IVG varie : inexistant, menacé ou précaire, les femmes s’organisent. Toujours à l’occasion de la FIAPAC, j’ai découvert l’existence d’associations de militantes féministes qui œuvrent à mettre à disposition de toutes celles et ceux qui le souhaitent l’avortement par médicaments. Aux États-Unis, en Pologne ou en Argentine, la lutte pour l’IVG ne se résume pas à une bataille législative mais passe bel et bien par l’organisation autonome des femmes pour recourir à l’avortement. Le projet SASS (Self Managed Abortion; Safe and Supported) est un service offert par Women Help Women, une organisation américaine. Sur le site, les personnes offrent un ensemble de ressources concernant la contraception et l’IVG par médicaments. Elles proposent aussi de courts entretiens en différentes langues pour mieux guider les personnes et ont mis en place un service d’envoi de pilules abortives et contraceptives aux USA et dans certains pays sur le continent américain. En Argentine, sur le site des Soccoristas en red (feministas que abortamos), on retrouve un contenu similaire. Protocole de prise de la pilule abortive, signes à surveiller, les informations sont précises et fiables. L'“abortion dream team” en Pologne tente de déstigmatiser l’avortement, en multipliant les interventions publiques pour susciter la conversation. La dream team vient également en aide aux personnes voulant recourir à l’IVG en dispensant des informations sur le protocole de prise des comprimés mais aussi pour permettre la réception desdits comprimés, souvent commandés à l’étranger et bloqués à la douane. Women on Web, basée aux Pays-Bas, propose le même type de service : information, consultation, envoi des comprimés.
 
La pratique d’IVG illégales ou bien dans un contexte où l’accès à l’IVG est restreint permet de répondre aux besoins sanitaires des femmes. Elle est aussi une stratégie politique qui contraint la législation d’un pays à s’adapter. L’histoire française le montre bien, même si elle est peu racontée. Dans son article sur la méthode Karman, Béatrice Kammerer explique comment la pratique militante d’avortement sans risques à partir de 1972 a contribué à la dépénalisation de l’IVG.
Quel que soit l’état de la loi, il me semble que c’est bien l’autonomie des femmes* qui doit rester l’objectif principal de nos luttes.

 
Cluny

Venez fêter notre anniversaire !

Le 18 octobre 2016, nous envoyions notre toute première newsletter. Avec un peu de retard, nous avons donc le plaisir de vous convier à fêter les 25 newsletters envoyées depuis deux ans ! Vous pourrez :
- boire des bières ;
- acheter les pin's actuellement en rupture de stock et que nous avons re-commandés, ainsi que les autres produits de la boutique
- discuter auto-examen et échanger les adresses de vos gynécos et sages-femmes ;
- découvrir le premier épisode du Journal de ta chatte.

Rejoignez-nous le 17 janvier à partir de 19h à la Mutinerie (Paris 3e) !
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Cluny

Règles douloureuses

Avertissement : spoilers et TW viol, dépression et suicide

Règles douloureuses est un petit roman de 160 pages, écrit à la manière d'un journal autobiographique, et qui se lit rapidement pour peu qu'on ait le cœur bien accroché. On suit les errances de Masechaba, interne en médecine en Afrique du Sud contemporaine, qui évoque son endométriose, les difficultés qu'elle éprouve à faire son travail, et les problématiques de racisme toujours présentes notamment dans la relation soignantE-patientE. Masechaba est en dépression profonde, et ne s'en rend pas compte, puis elle subit un viol collectif et vacille au bord de la folie.

L'écriture est fluide, économe, et tranchante, mais le livre me laisse un sentiment d'inachevé. Le sujet central n'est pas l'endométriose (ou les règles), mais bien la dépression de l'héroïne, sur un fond d'Afrique du Sud encore divisée. On se dit que le titre est par ailleurs assez mal choisi/traduit (en anglais, Period Pain colle un peu plus), et on soupçonne l'éditeur d’avoir voulu surfer sur des thématiques d’actualité.

Beaucoup de sujets du roman auraient matière à être développés : le suicide du frère de l'héroïne, la relation avec son amie zimbabwéenne, le climat politique sud-africain, le traitement des patientEs. Dans la réalité, on parcourt les feuillets griffonnés d'une personne malade à qui il arrive des horreurs, sans s'associer à sa douleur. J’ai du mal à comprendre pourquoi je n’ai pas accroché, peut-être la longueur du livre ; trop courte pour s’attacher au personnage ? Pour développer des sujets et des intrigues ?

Le roman a le mérite d’aborder des sujets tabous, mais il peine à les incarner. Quant à la fin, elle m’a semblé facile et peu satisfaisante.

Kopano Matlwa, Règles douloureuses, Le Serpent à plumes, 18€


Toba

Prochain atelier du Collectif Maternités


Le prochain groupe de parole autour de la maternité se déroulera à Paris :
- le dimanche 13 janvier à 14h (Paris)

Plus d'infos sur le collectif ici.
Pour vous inscrire, merci d'envoyer un mail à collectifmaternites@lesflux.fr.

Prochain atelier d'auto-examen


Le prochain atelier d'auto-examen se déroulera à Paris :
- le mercredi 13 février de 19h à 23h (Paris 13)

Plus d'infos sur les ateliers ici.

Revue de presse et agenda

Terriennes

Juliette Loiseau continue d'explorer la question des ateliers d'auto-gynécologie. Dans son article pour Terriennes, elle a interrogé des participantes de nos ateliers et des médecins. À retrouver ici



 

Terrafemina

À l'occasion du festival Sang Rancune, TerraFemina nous a demandé pourquoi il est important de parler des règles : notre réponse ici.
La Newsletter de ma chatte est une initiative féministe
pour la réappropriation des savoirs gynécologiques,
co-écrite par Cluny Braun et Britney Fierce. 

Les illustrations de la Newsletter de ma chatte (hors contenu image des articles)
ont été réalisées par Oriane Juster et le design par Émeline Ancel-Pirouelle.

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