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Bonsoir à toi,

Pendant longtemps - mais alors vraiment très longtemps (30 ans quoi) - j'ai cru que je n'étais pas créative. Alors même que je donnais des ateliers d'écriture créative, tu vois l'embrouille ? Quand les gens me renvoyaient ma créativité, j'étais là : "oui ahah ok vu lol". Je ne comprenais pas de quoi ils parlaient.

Il y a quelque temps, je suis allée débusquer la croyance qu'il y avait derrière ça. Je me suis rendu compte que pour moi, les gens qui étaient créatifs, c'était ceux qui disaient : "j'ai mille idées à la seconde" (ou minute, à la limite). Point barre. Et moi je n'ai pas du tout ça, rien que l'expression me met en panique et j'ai l'impression d'imploser (oui, je la prends très au pied de la lettre : quoiii, MILLE IDÉES mais ça doit être insupportaaaable, help je veux du silence dans ma tête).

Moi, j'ai UNE idée de temps en temps, mais quand elle arrive jusqu'à moi et que je commence à lui accorder de l'attention, elle mûrit pas trop mal, et du coup, j'ai souvent envie de ne pas la lâcher. Ce qui est plutôt très cool. Mais pendant des années, donc, j'ai juste trouvé ça nul parce que les vrais gens créatifs avaient plus d'idées plus souvent et je n'étais donc pas de ces gens-là.

J'expliquais hier dans un post sur Facebook que j'avais choisi trois mots comme intentions pour cette année : légèreté, créativité, envol. "Ce sont des phares pour quand je me sens perdue, quand il y a trop d'infos extérieures, trop de propositions, trop de projets, trop de bordel, trop de sollicitations, trop d'angoisses : est-ce que l'info, la proposition, le projet, la sollicitation en question vient nourrir une de ces intentions ? Ou bien est-ce que ça m'en écarte ? Quand ça tangue trop, quelles pistes m'ouvrent ces mots pour revenir au centre ? Comme une envie de garder le cap dans les tempêtes. Ça ne veut pas dire ne pas se laisser toucher par le reste, mais baliser le chemin."

J'ai commencé à regarder ce que ça donnait, chacun de ces mots dans mon quotidien.

Pour envol, je me suis demandé ce qui empêchait de décoller. Et j'ai pris conscience que toutes les fois où je juge mon fonctionnement plutôt que de voir comment en tirer parti, c'est de l'énergie que je mets à la poubelle (même pas de tri sélectif).
Quand je me raconte que je ne suis pas créative alors que je pourrais plutôt regarder comment me mettre au service de mon-unique-idée-de-temps-en-temps.
Quand je me maudis de préparer un atelier ou une formation à la dernière minute alors que c'est clairement comme ça que je suis la meilleure et que je pourrais me reposer sur cette certitude-là et passer tout le temps avant à faire autre chose plutôt que d'essayer de fonctionner autrement.
Quand je me méprise d'avoir du mal à être dans des groupes d'inconnus (chose rare ces mois-ci, admettons-le) alors que je pourrais me demander comment me donner de la douceur à cet endroit-là pour me faciliter la tâche.
Etc.

Bon, dit comme ça, ça a l'air tout bête. Pour la transparence, ce week-end, j'étais en stage d'écriture, et j'ai passé beaucoup de temps à me dire que je n'écrivais pas pour de vrai. Tout ça parce qu'une participante était plongée dans une saga de fantasy, alors que mon perso à moi se déplace dans 100 mètres carrés et beaucoup dans sa tête, et qu'elle contemple l'herbe, fait du thé et... réfléchit à la vie. Youhou. Autant te dire que le gong terrible du "Il ne se passe rieeeeen c'est pas un vrai texte" est venu résonner *un certain nombre de fois* à mes oreilles.

Je sais donc que c'est un travail de longue haleine. Mais comme les idées auxquelles j'accorde de l'attention, je vais laisser grandir sagement cette question-proposition : "Qu'est-ce qui se passe si j'arrête de vouloir fonctionner autrement et que je me recentre sur la découverte de mon propre mode d'emploi ?"

Et toi, où est-ce que tu peux récupérer de l'énergie ?


À bientôt,
Amélie

Et puis quoi encore ?


> Les ateliers "flow game et écriture pour entrepreneures et artistes passionnées" en co-animation avec Chloé Urvoas continuent (bonheur). Deux dates à venir :
- Comment mettre l'écriture au service de mon business / activité pro / engagement ?, le 29 janvier prochain, 9h30-17h, en ligne ; inscriptions ici.
- Comment mettre en mots ce qui bouillonne à l'intérieur ?, le 4 mars prochain, 9h30-17h, en ligne ; inscriptions ici.
Pour en savoir plus et être tenu·e au courant des prochaines dates (sans engagement), tu peux t'inscrire ici.

> Les ateliers d'écriture en présentiel ont toujours lieu en petits groupes (4 participant·e·s maximum), à L-Imprimerie : on continuera l'exploration de la thématique "Bras corps visage" avec le deuxième volet, le mercredi 17 février (18h30-21h30) ou le vendredi 26 février (14h-17h). Inscriptions ici.

> Je donnerai également deux ateliers à Fribourg (matin et après-midi le samedi 13 février) sur invitation de L'Épître. Infos et inscriptions ici.

> Les ateliers en ligne de février seront annoncés dans la prochaine newsletter ! Merci de ta patience !
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Photo : Nirine Arnold
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Je m’appelle Amélie, et mon but, c’est de donner aux gens des outils pour qu’ils s’approprient la langue à leur manière.

Je fais ça principalement en animant des ateliers d’écriture créative pour toutes et tous et en enseignant le français comme langue étrangère.

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Amélie Charcosset · c/o neonomia · Rue Prévost-Martin 21 · Genève 1205 · Switzerland