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Bonsoir à toi,

J'espère que tu as, ces temps-ci, des choses accessibles et qui te donnent de l'élan, vraiment. De mon côté, je me suis rendu compte que les ateliers remplissaient très bien cette fonction pour moi, et c'était bon comme constatation.

En atelier, en ce moment, j'expérimente des temps un peu plus longs d'écriture. Un peu plus longs, chez moi, ça veut dire 21 minutes au lieu de 17, on n'est pas encore sur de la dissert' de philo, mais quand même.

Vingt-et-une minutes, ça laisse 4 minutes de plus pour faire LE truc interdit en atelier alors que tout le reste est autorisé : juger ce qu'on est en train de faire. Alors non, je ne te demande pas d'avoir aucun esprit critique sur le dispositif de l'atelier (ça ferait un peu secte, sinon...), mais bien sur ce que tu es en train d'écrire ;)

À l'ère du multi-tasking, on est hyper fort·e·s pour faire plein de choses en simultané. Genre écrire ET venir mettre plein de mental sur la qualité (discutable) de nos mots.

Mais les études sur la productivité le disent bien : en fait, faire plusieurs choses en même temps, ce n'est pas du tout efficace. C'est même franchement casse-gueule, quand on sait qu'il faut quinze minutes pour se remettre à notre tâche principale après avoir fait autre chose.

Donc écrire, c'est l'étape 1. Et juger, la suivante. Pas les deux en même temps. Interdiction absolue et ultime de venir émettre les prémices d'une once d'avis durant le temps des mots. Juger, c'est pour après.

Est-ce que tu mélanges la farine et le sucre, pour dire à la seconde suivante que vraiment, cette recette est pourrie et ces cookies immangeables ?
Nope.
Forcément, il manque l'huile de coco, le lait de noisette, les pépites de chocolat, les dix minutes au four à 180°C et la demi-heure à refroidir sur la grille.

Côté écriture, c'est pareil. Quand on est dans du premier jet (ce qu'on fait en atelier), ce n'est PAS LE MOMENT de venir critiquer et de trouver ça nul, parce qu'il manque peut-être : des personnages, de la ponctuation, une tension sous-jacente qui tient le récit, et qu'il y a trop : de répétitions, de trucs "faciles", de clichés.
C'est ok.
C'est un premier jet, pas un diamant ciselé.

Je dis souvent en début d'atelier, dans l'exercice d'écriture automatique pour démarrer, qu'il s'agit non pas d'empêcher la voix qui juge d'être là (perso, ça, je sais pas faire) mais de ne pas la laisser prendre ses aises sur le canapé. En d'autres termes, choisir les pensées qui me viennent à l'esprit, c'est chaud ; décider d'y accorder ou non une attention démesurée, c'est plus en mon pouvoir et c'est donc lui que je vais exercer.

Promis, les cookies n'en seront que meilleurs après avoir cuit et refroidi. Et s'ils ont besoin d'être moins pâteux ou plus chocolatés, tu pourras toujours améliorer ça dès la prochaine fournée.

À bientôt, porte-toi bien,
Amélie

PS : Oui, je parle de nourriture dans toutes mes lettres, c'est que j'ai enfin retrouvé le goût de cuisiner. Pour ma recette de cookies (vegan & possiblement sans gluten, si tu as besoin) préf' du moment, c'est .

Et puis quoi encore ?


- Il se passe de belles choses dans mon atelier collectif, L-Imprimerie.
> D'abord, on a une EXPO en cours, avec le travail de tou·te·s les résident·e·s du lieu, jusqu'au 20 novembre, sur rendez-vous pour la visite. Je suis épatée par le cœur mis à l'ouvrage par Clotilde et Jonas qui s'occupent du curatoriat, d'avoir porté le projet au bout malgré la situation qu'on connaît... Si tu passes, tu pourras entendre des extraits du roman que je travaille en ce moment !
> Ensuite, les ATELIERS en présentiel continuent en petits groupes (4 participant·e·s maximum). Il reste des places pour celui de vendredi après-midi, 14h-17h, sur le thème de L'aide.

- Les chœurs de lecteur·rice·s en ligne ont repris du service, et il reste quelques petites places pour la date du mardi 1er décembre, 14h-16h30. Envie de participer à une expérience/performance artistique éphémère collective qui met le cœur en joie (oui, c'est une promesse - pour preuve cette capture d'écran du dernier chœur (affiche les images si tu ne vois pas)) ? C'est par !

- Cette semaine, j'ai répondu (morte de trouille) à mon premier interview. Sur l'invitation de Chloé Urvoas, je parle de communauté en ligne (vous), de la matière qu'on a en soi pour raconter des histoires, de fragments du roman en cours (c'était pas prévuuu), d'univers et de cohérence, des trucs qu'on se raconte sur les conditions de création parfaites, de communication non violente, de ce que permettent les ateliers et de ce qu'on y trouve, de gourmandises, et de petit poème de confinement. J'ai adoré l'exercice ! Si ça t'intéresse, c'est . Je suis curieuse de savoir ce que tu en retires (si tu en retires quelque chose, uhuhu 🙈). Et si tu veux m'envoyer ton poème de confinement, je serai heureuse de te lire :)
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Photo : Nirine Arnold
Mais au fait,
qui est-ce qui écrit ?


Je m’appelle Amélie, et mon but, c’est de donner aux gens des outils pour qu’ils s’approprient la langue à leur manière.

Je fais ça principalement en animant des ateliers d’écriture créative pour toutes et tous et en enseignant le français comme langue étrangère.

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Amélie Charcosset · c/o neonomia · Rue Prévost-Martin 21 · Genève 1205 · Switzerland