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Bonjour à toi,

 

Il y a quelques mois, je suis allée à un festival de cinéma de voyage à vélo : des films avec des périples à vélo, en tandem, en famille, en couple, en solo, au féminin, après 50 ans, en VTT, autour du monde, en montagne, sans argent... Bref, des films qui exploraient la diversité de cette pratique et qui voulaient transmettre le bonheur que ça représente, de partir pédaler.

 

Ce qui m’a frappée, c’est que dans (presque) tous ces films, pourtant si différents les uns des autres, la voix-off disait toujours les paysages "magnifiques", les gens "d’une générosité incroyable" et, au premier coup de pédale, "le fait qu’on était loin de s’imaginer ce que ça nous ferait, ce voyage".

 

Et moi, je reste frustrée… Les paysages magnifiques, je les vois à l’écran, et c’est vrai, c’est superbe, mais la générosité, et ce que ça nous fait, le voyage, ça me paraît trop vague, des mots-concepts derrière lesquels on peut mettre un peu tout et n’importe quoi. Vague, et potentiellement dangereux. Glissant, en tout cas. Moi, ce que j’aime, ce sont les mots précis, les histoires, les récits de l’intime, découvrir ce qui bouge chez les gens et ce que ça fait bouger chez moi, ce qui se transforme et comment. Je me demande ce qui fait qu’on planque tout ça derrière des couches et des couches de mots. Ce qui empêche de dire plus. De raconter l’unique, le moment précis, le détail qui donne une saveur particulière. On a peut-être l’impression que c’est minuscule mais je crois que c’est immense.

 

Pour moi, la générosité des gens,

C’est ce vieux monsieur en Bosnie qui me prend en stop et qui, au moment de me laisser, me fourre dans les bras un sac de fruits de son jardin qu’il comptait vendre au marché, tout en me disant que des fruits, il en aurait d’autres la semaine suivante (je ne lui ai pris que quelques poires, je n’avais pas la place…)

C’est cette inconnue à Paris, qui, alors qu’entre deux trains, je m’effondre parce que mon vélo (encore lui) a un souci, que je n’ai pas d’outils avec moi et que je dois vite changer de gare, retourne chez elle chercher son multi-tool et des chiffons et revient pour m’aider à réparer ma monture.

Ce sont ces deux Albanais qui font un détour de cent bornes pour m’emmener jusqu’à Bruxelles parce qu’il commençait à se faire tard et que peut-être que ça allait être difficile, de trouver une autre voiture ensuite.

C’est ce chauffeur de taxi en région parisienne qui s’arrête alors que je tends le pouce, et qui, quand je lui dis que je ne peux pas payer, me répond que quand même, il a bien le droit de prendre des gens en stop, non ?

C’est cette jeune femme en Slovénie qui nous ouvre la porte d’une maison de famille vide pour qu’on puisse y passer la nuit alors qu’on avait prévu de dormir dans le van, et qui vient nous chercher le lendemain matin pour qu’on brunche avec toute sa famille.

 

Derrière les grands mots, il y a toujours des histoires, et ce sont celles-ci qu’on traque en atelier d’écriture. Parce qu’elles sont chez tout le monde, et que c’est important de les raconter.

 

Ça tombe bien, le premier thème de la saison, c’est "DIRE", et j’ai envie qu’on y cherche des récits, des mensonges, des confidences, des secrets, qu’on y chuchote et qu’on y crie, qu’on creuse les mots pour y débusquer des anecdotes, qu’on dépoussière nos phrases pour y faire briller l’unique, la petite chose de rien du tout qui tout à coup donne tellement de sens au reste.

 

Les inscriptions sont ouvertes, alors si ça te dit de t’entourer d’histoires – les tiennes et celles du groupe – et d’explorer ta créativité, bienvenue ! Toutes les infos sont ici et pour ce qui est des dates, ça se passe :

-       en soirée, le mercredi, de 18h30 à 21h30 : 18 septembre et/ou 9 octobre

-       en journée, le vendredi, de 9h à 12h : 27 septembre et/ou 11 octobre

 

Si tu as des questions, je serai ravie d’y répondre (il te suffit de répondre à ce mail), et si tu as une histoire de ton été impliquant des gens généreux ou des paysages superbes et que tu as envie de la partager... n’hésite pas !

 

À bientôt,

Amélie

Et puis quoi encore ?


> Après une pause estivale, les poèmes fondus reviennent dès lundi, de manière hebdomadaire. Chaque lundi matin, une double-page d'un livre nous servira de support d'écriture : il nous faudra écrire un poème en n'utilisant que les mots présents dans le texte-souche. Tenté·e par l'expérience ? Ça se passe sur le groupe facebook Fondu·e·s de fondus !
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Photo : Nirine Arnold
Mais au fait,
qui est-ce qui écrit ?


Je m’appelle Amélie, et mon but, c’est de donner aux gens des outils pour qu’ils s’approprient la langue à leur manière.

Je fais ça principalement en animant des ateliers d’écriture créative pour toutes et tous et en enseignant le français comme langue étrangère.

Envie d'en savoir plus ? www.ameliecharcosset.com




 

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Amélie Charcosset · Chemin du Trabandan 39 · Lausanne 1006 · Switzerland

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