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Bonjour à toi,
 

Décidément, ça fait plusieurs fois que je t’écris en me disant que chaque semaine, les nouvelles du monde m’assomment et que je ne sais plus quoi en faire, ni parfois comment continuer malgré elles. Cette semaine, la vidéo des jeunes interpelé.e.s à Mantes-la-Jolie m’a retournée corps et cœur, et depuis mon lit, j’ai gardé les yeux ouverts sur le plafond, longtemps.
 

Quand je suis comme ça à fleur de nerfs, il me faut environ… rien pour me faire fondre en larmes, c’est d’une facilité déconcertante. Le truc qui marche à tous les coups, je l’avoue, ce sont les vidéos un peu niaises, avec des violons ou du piano en fond sonore et de grands messages sur l’humanité.

 

Je suis tombée sur ces images-là. On y filme des gens qui ne distinguent pas les couleurs et qui enfilent des lunettes qui leur permettent de les voir « normalement » pour la première fois.

Ça n’a pas manqué, j’ai pleuré.

 

Ce qui m’émeut là-dedans, c’est cette idée de première fois. De regard fondamentalement neuf.
 

Dans le groupe où nous écrivons un poème fondu par jour (par ici si tu veux nous rejoindre !), j’ai choisi récemment des pages-souches extraites d’un bouquin de Fernando Pessoa. Il (enfin, un de ses pseudonymes, Alvaro de Campos) y parle de son maître (enfin, de lui-même, puisqu’il s’adresse à un autre de ses pseudonymes, Alberto Caeiro (#passionpseudonymes) et il (Alvaro de Campos) raconte une leçon qu’il a apprise de celui-ci (Alberto Caeiro) (et donc de lui-même) (ohlala, il faut suivre… bon, en gros, c'est la citation qui compte) :
 

« […] Pour l’individu en question cette fleur jaune était chose d’observation courante, chose déjà connue. Voilà précisément ce qui cloche. Toute chose que nous voyons, nous devons la voir toujours pour la première fois, parce que en réalité c’est la première fois que nous la voyons. Et alors chaque fleur jaune est une nouvelle fleur jaune, fût-elle ce qu’on appelle la même que la veille. La personne n’est plus la même et la fleur non plus. Le jaune lui-même ne saurait plus être le même. Il est regrettable que les gens n’aient pas exactement les yeux propres à leur enseigner cela, car autrement nous serions tous heureux. »
 

Arrêtez tout, Pessoa a trouvé la clé du bonheur !
 

Bon, à vrai dire, je ne sais pas si son conseil (enfin, celui d’Alberto Caeiro) suffit à rendre heureux.se, mais en tout cas, je crois qu’il constitue une bonne piste pour renouveler quotidiennement notre inspiration. Non ?
 

Et toi, c’était quand, la dernière fois que tu as regardé quelque chose comme pour la première fois ?
 

À bientôt,
Amélie

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Amélie Charcosset · Chemin du Trabandan 39 · Lausanne 1006 · Switzerland

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