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Les lettres "Women who do stuff" apparaissent un peu tordues, en 3D, blanches, sur des plots carrés et gris-noirs
 
Bonjour à toutes et tous, 
En pleine sélection de vos propositions pour le magazine #3, nous vous proposons ce mois-ci une sélection de portraits hétéroclites pour un tour d’horizon de l’actualité !
Bonne lecture et prenez soin de vous.

 
 

Yaa Gyasi

 

Yaa Gyasi naît à Mampong au Ghana en 1989. Elle y passe les deux premières années de sa vie entourée de ses frères et de ses parents avant que toute la famille quitte le pays pour les États-Unis. Après avoir vécu en Illinois et dans le Tennessee, ils s'installent en Alabama. Solitaire, Yaa Gyasi passe ses journées à lire Toni Morrison, James Baldwin ou Gabriel García Márquez.
En 2012, elle est acceptée au prestigieux cursus d'écriture créative Iowa Writers' Workshop, durant lequel elle travaille à son premier roman No Home, une fresque qui s'étend sur trois siècles d’histoire, de l'esclavage jusqu'aux violences policières. Publié en 2016 aux États-Unis alors qu'elle n'a que 26 ans, ce livre puissant lui vaut de remporter de nombreux prix et une notoriété immédiate. Il sort en France en 2017 aux éditions Calmann Levy dans une traduction de Anne Damour.
En 2021, elle publie son second roman Transcendent Kingdom (Sublime royaume, ed. Calmann Levy, traduction Anne Damour), un récit sur la transmission, la foi et la science, l'addiction, la famille et l'immigration. En mars, elle écrit un article pour le Guardian dans lequel elle revient sur le sentiment paradoxal d'être une autrice noire mise en avant après les meurtres de George Floyd, Ahmaud Arbery et Breonna Taylor et sur les lecteurs·trices blanc·hes qui voient ses romans comme “un remède”. Une tribune passionnante sur le rôle politique de la littérature


Crédit photo : Vilcek.org

Amateurices de jeux vidéo, cet encart est pour vous ! Fanny Rebillard est musicologue, archiviste numérique et passionnée de jeux vidéo et elle vient de sortir un superbe livre qui traite de la musique dans Zelda. Dans La musique dans Zelda, les clefs d’une épopée hylienne, Fanny propose un regard transversal sur les mélodies et sonorités inoubliables qui peuplent la saga légendaire.
 

Leila Sidi

 
Leila Sidi est une luthière qui se revendique anti-capitaliste et anti-colonialiste. Un jour, son ami·e musicien·ne Jenni Roberts lui apprend que les entreprises qui fabriquent des guitares n'investissent que dans la fabrication d’instruments designé pour des hommes grands, cis et valides. Avec l’aide de Jenni, elle décide de se lancer dans la conception d’instruments inclusifs, en donnant la priorité au confort des musicien·nes mises de côté par les grandes entreprises de l’industrie : c’est ainsi que naît TunaTone Instruments.
Dans une démarche anti-capitaliste, elle remarque que la majorité des consommateurices est aujourd’hui déconnectée de la réalité de la fabrication des objets qu’iels possèdent. En incluant les musicien
·nes dans le processus de fabrication, elle espère rendre chaque instrument absolument unique et renouer un lien entre fabricant·e et consommateurice.
 
Crédit photo : Tunatone Instruments
 

Abigail Allwood

 

Le 18 février 2021, le rover Persévérance se pose sur le sol martien avec pour but d'étudier la surface de la planète et collecter des échantillons afin de déterminer s’il y a eu de la vie sur Mars. Abigail Allwood est directrice de recherches et la premiere femme à remplir ce rôle dans le cadre d’une mission martienne. 
Abigail étudie dans sa jeunesse le Craton de Pilbara, une structure géologique en Australie vieille de 3,6 milliards d’années. Un débat faisait rage depuis des années dans le milieu scientifique pour déterminer si cette formation avait pour origine un processus biologique ou géologique. Elle met fin à la controverse grâce aux résultats de ses recherches, qui démontrent que l’on doit bien cette formation a des bactéries. Pour faire taire les sceptiques, elle part travailler pour la Nasa et conçoit avec son équipe un spectromètre qui utilise des rayons X pour analyser les rochers australiens, outil qui confirmera définitivement sa théorie en 2009. 
Le rover Perseverance se balade désormais sur Mars avec, équipé à son bras robotique, une version plus élaborée de l’invention de Abigail Allwood : l’outil PIXL, conçu pour prendre des photos et analyser des échantillons du sol martien à l’aide de ses rayons X afin de trouver une signature microbienne dans les sols vieux de plus de 3 milliards d'années.

 

Crédit photo : Queensland University of Technology

Portrait de Padauk Wah pris par Ashima Narain à Shwethaungyan Township, au Myanmar.
Padauk Wah travaille dans la construction, dans des conditions de travail difficiles. Tous les jours, elle applique du tanakha sur son visage et ses bras, un mélange de bois bouilli, de racines et d’eau. Le tanakha est utilisé par toutes les personnes qui travaillent dehors, cette pommade permet de se protéger du soleil et d’hydrater la peau

 
 

Ashima Narain


La famille d’Ashima Narain dit qu’elle est née avec un appareil photo à la main. Cette photographe et voyageuse solitaire traverse l’Inde, son pays natal, à la recherche de la photographie parfaite. Après avoir touché à tous les types de photographie (mariage, mode, marketing…), Ashima Narain s’est spécialisée dans la photo documentaire et veut raconter des histoires, plus particulièrement, celles qui font l’Inde et l’Asie du Sud Est actuelles. 
De la mangrove au Myanmar, aux chevaux de la région de Manipur (Inde) en passant par les tisseurs et tisseuses de Varanasi, Ashima Narain souhaite que son travail permette de comprendre les problèmes d’aujourd’hui et les solutions de demain. 
Représentée par National Geographic Image Collection, elle est la première photographe indienne nommée Artisan Sony.


Crédit photo : Joel Sartore
Sororasie voit le jour en avril 2020, au début de la crise sanitaire mondiale, alors qu'une partie de la communauté asiatique souffre d'une stigmatisation croissante dans l'espace public et médiatique. Également un webzine asio-féministe, la plateforme lance aujourd’hui Asidentités, un projet artistique réunissant plus de 150 femmes et minorités de genre asiatiques de France autour de la question de la représentation. Leur volonté ? « Décentrer le regard occidental qui pèse sur les communautés asiatiques et promouvoir une vision qui s'inscrit en dehors des normes patriarcales et des stéréotypes véhiculés envers les asiatiques. »

Pour les soutenir, vous pouvez devenir partenaire et sponsoriser l’exposition ou participer à leur campagne de financement !
 

Chloé Zhao

 

Nous sommes en mars 2021, Chloé Zhao est la première réalisatrice asiatique nommée pour l’Oscar de la meilleure réalisation. En 93 éditions, c’est aussi la première fois que deux femmes sont nommées en même temps dans cette catégorie. Née à Pékin en 1982, Chloé Zhao a vécu à Londres puis aux États-Unis. Après des études de sciences politiques, Zhao a enchaîné les petits boulots. Peu intéressée par la politique, elle s’inscrit dans une école de cinéma car “je voulais raconter des histoires, mais je ne savais pas peindre, ni dessiner. Une réalisatrice n’a pas besoin d’être spécialiste en tout, il faut savoir monter une équipe qui fonctionne”. Réalisatrice, scénariste et productrice, elle compte déjà 5 longs métrages à son actif à seulement 38 ans. 
Avec plus de 35 nominations aux cérémonies les plus prestigieuses pour son dernier film Nomadland, Chloé Zhao est la réalisatrice indépendante la plus en vue actuellement. Pendant 2h nous suivons les pérégrinations d’une femme de soixante ans, veuve et pauvre, qui sillone l’ouest des États-Unis, alternant les petits jobs et vivant dans son camion. Chloé Zhao filme avec justesse, sans misérabilisme et sensationnalisme, l’épreuve du deuil, les amitiés qui s’étirent mais aussi la force des femmes. La force de celles qui portent tout sur leurs épaules et s’autorisent à flancher. ″‘Nomadland’ est pour moi, au fond, un pèlerinage à travers la douleur et la guérison”.


Crédit photo : Taylor Jewell/Invision/AP, File



Women Who Do Stuff, newsletter et revue féministe. Association loi 1901.



Cette newsletter est écrite/éditée/aimée par Émeline, Marion, Lisa, Pauline, Mélissa et Mathilde.
Si vous voulez nous dire bonjour, faire part de vos remarques et suggestions ou carrément nous féliciter : womenwhodostuff@gmail.com



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