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Les lettres "Women who do stuff" apparaissent un peu tordues, en 3D, blanches, sur des plots carrés et gris-noirs
 
Après avoir exploré notre rapport à Internet et à la famille, le numéro 3 du magazine Women Who Do Stuff se penchera sur les relations complexes que les femmes entretiennent à leurs corps. Un thème qui ouvre de nombreux horizons politiques et intimes que nos contributrices arpentent dans nos pages avec beaucoup de talent.
À quelques semaines de la sortie de la revue, nous vous proposons une newsletter autour du corps, avec des recommandations culturelles et des portraits qui vous feront, nous l'espérons, découvrir de nouvelles artistes et activistes.
Si vous n'avez pas encore précommandé le magazine, vous pouvez le faire en suivant ce lien ! Les précommandes sont importantes pour faire vivre la revue et nous permettre de réfléchir à la suite.

 
 

Constellations
de Sinéad Gleeson

 

Sinéad Gleeson est critique d'art et éditrice. Dans son premier livre, Constellations (paru aux éditions de la Table Ronde et traduit de l'anglais par Cécile Arnaud), elle cartographie son corps en une suite de fragments parfois violents, toujours poétiques. Elle relie chacune de ses expériences (de la maladie, des hôpitaux, de la maternité qui fait de son corps un "bien public") à des œuvres d'art qui l'ont touchée, à l'histoire de son Irlande natale et de celle de toutes les femmes qui l'ont précédée. "Je suis la somme de toutes ces nuits sans sommeil et de toutes ces journées d'hôpital, écrit-elle, de l'attente des rendez-vous auxquels j'aurais voulu ne pas aller, de l'oscillation entre ennui et conscience de soi qu'est la maladie. Sans ces expériences je ne serais pas cette personne qui ramasse ces éclats et tente de leur donner une nouvelle forme sur la page. Si on m'avait épargné les os problématiques, je serais quelqu'un d'autre. Un être différent, une géographie différente."
Dans son recueil, Sinéad Gleeson nous parle d'un corps qui ne se fait jamais oublier, qui laisse éclater au grand jour les enjeux politiques et personnels qui l'entourent. Un corps qui écrit, qui écoute de la musique, qui est traversé profondément par chaque expérience. Qui devient, entre les lignes, sans limites.


Crédit photo : BRÝD O’DONOVAN 

 

Éveils
de Juliette Mancini

 
En lisant Éveils de Juliette Mancini (paru aux éditions Atrabile), on se dit que la bande-dessinée est le médium idéal pour raconter le corps. Parce qu'elle permet ce qu'il faut d'abstraction, de complexité dans le récit, parce qu'elle montre sans trop dévoiler. Éveils raconte une histoire complexe et complète de nos enveloppes corporelles en passant par une histoire personnelle, par l'Histoire et les traumas collectifs qui marquent nos peaux et nos imaginaires, par la maladie, le désir, l'angoisse qui ronge et abîme... Et surtout en passant par la société, la manière dont elle perçoit le corps des femmes et ne les laisse jamais les oublier.
Dans cet album, Juliette Mancini raconte l'histoire d'une femme et de son corps qui doit plaire aux hommes sans qu’elle soit sûre de le vouloir, qui sait ce que l'on attend d'elle. Elle raconte la dissonance entre ce que l'on est et ce que l'on attend de nous. Sur les sublimes pages de son album, l'autrice dessine des corps fragmentés, des visages sans formes, des fantômes aux formes inquiétantes. Et le corps devient bien plus que ce qu'il n'y paraît.
Juliette Mancini a co-fondé la revue Bien, monsieur., écrit un premier album (De la chevalerie, éditions Atrabile) et obtenu le 2e prix Jeunes Talents au Festival d'Angoulême.
 
Crédit photo : Juliette Mancini
Nos corps sociaux sur France Culture

Dans ce podcast de Clémence Allezard, réalisé par Nathalie Salles, la journaliste réfléchit avec ses invité·e·s à nos corps et la manière dont nous les vivons. Entre lectures, témoignages (No Anger, Rachel Keke...), introspection, cette série propose une histoire sociale, personnelle et politique des corps. "Mon corps a été parlé avant qu'il ne puisse parler de lui-même", explique la chercheuse et performeuse No Anger. Clémence Allezard propose de laisser ces corps s'exprimer et ouvre des perspectives passionnantes pour les réinventer.
 

Céline Extenso
part à la recherche du “je”

dans le numéro 3 du magazine

 

“Je ne suis pas très intéressée par l’image de mon corps. Je lui accorde peu de temps au quotidien, service minimum, j’ai mieux à faire. Je n’y suis ni hostile, ni vraiment attachée. Pourtant mon corps et moi, quelle fine équipe !
Aux yeux du monde, mon corps handicapé et moi évoquons l’échec, la souffrance, la tristesse, la déviance. Mais comme vous faites erreur ! Bien sûr, il ne bouge pas ou presque, obéit peu à mes désirs. Une maladie empêche depuis toujours mes muscles de fonctionner, ne me laissant l’usage que de mes mains, et encore, faiblement. Mais bon, c’est tout, c’est pas la mort. Et ce qu’il me permet de vivre et d’expérimenter est si colossal que je m’étonne que vous ne le perceviez pas.
Sous l’iceberg de mon corps immobile ou presque, bouillonne une vie insoupçonnée.”
Dans le numéro 3 de Women Who Do Stuff, Céline Extenso nous raconte le rapport qu'elle entretient avec son corps. Poétique et politique, ce texte explore et confronte la manière dont elle vit son corps et la manière dont il est perçu par les autres. Une réflexion profonde sur le "je".

 

Crédit photo : Manon Raupp
Joana Foliveli est une illustratrice française qui explore, dans son travail, les corps et notamment les corps de femmes trans. Son travail autour de l'autoportrait, des couleurs et de la mise en image d'un nouvel imaginaire sont passionnantes. Elle nous fait l'honneur d'illustrer le superbe article d'Alyx Taounza-Jeminet dans le numéro 3 de Women Who Do Stuff.
 

Caramel Curves Motorcycle Club


Nous avons découvert le Caramel Curves Motorcycle Club grâce à une récente campagne de pub de Rihanna.
Créé en 2005 par Nakosha “Coco” Smith et Shanika “Tru” Beatty, ce club de motardes de la Nouvelle-Orléans est réservé aux femmes afro-américaines. Elles se réunissent tous les dimanches et en profitent pour célébrer chacune de leur rencontre en prenant soin de leurs tenues. “Je ne voulais pas acheter de vêtements basiques parce que je ne m'habillais pas comme ça. On ne veut pas être ordinaire. Je ne serai jamais ordinaire”, déclare Smith. Dans un milieu dominé par les hommes, les Caramel Curves sont des pionnières. En plus de leurs virées, elles aident leur communauté, rassemblent des fonds, s’impliquent dans la vie de leur quartier. Une des membres précise : “En tant que femmes, nous sommes différentes. Venir avec des talons et être comme on est, c’est comme si on faisait une déclaration dès que nous sortons”.


Crédit photo : essence.com
 

Ísold Halldórudóttir est une mannequin, artiste et activiste islandaise. Avec la vidéaste et photographe Anna Maggý, elles défient les normes de représentations de la beauté en parcourant les paysages islandais, en évoquant un monde libre d’insécurités. Photo tirée de leur projet Vulnerability and strength.
Artwork par @iscreamcolour.

 
 

Maddie Dragsbaek

 

Maddie Dragsbaek est une youtubeuse américaine de 24 ans. Grosse et fière de l'être, elle aborde une variété de sujets dans ses vidéos.
Elle parle sans tabou de sexe du point de vue d'une femme grosse, sensuelle et sexuelle dans une société hétéropatriarcale et grossophobe. Elle a d'ailleurs réalisé un court métrage d'horreur à propos de l'empowerment sexuel des femmes, Aphrodisia. Elle traite également de sujets mode comme en témoignent ses vidéos "Outfit for bad bitches" ou "Outfit to break up with your boyfriend in".
Elle est drôle, touchante et honnête, que ce soit dans son podcast explicite Girl Under You ou dans les vidéos sur sa vie personnelle qui donnent l'impression de discuter avec sa meilleure amie.
Depuis le début de l'année, Maddie a arrêté de chercher activement à avoir des relations amoureuses. Faisant le constat que les applications de rencontres la fatiguaient plus qu'elles ne la comblaient, la youtubeuse a décidé de passer une année avec elle-même, à prendre soin d'elle et à essayer de se comprendre. Un discours à contre-courant de notre société et des magazines féminins où le célibat est toujours vu comme une condamnation, une situation à éviter absolument. Maddie nous embarque avec elle dans ses rendez-vous solo, ses réflexions sur le célibat et l'importance du self love dans la vie


Crédit photo : @maddiedragsbaek



Women Who Do Stuff, newsletter et revue féministe. Association loi 1901.



Cette newsletter est écrite/éditée/aimée par Émeline, Marion, Lisa, Pauline, Mélissa et Mathilde.
Si vous voulez nous dire bonjour, faire part de vos remarques et suggestions ou carrément nous féliciter : womenwhodostuff@gmail.com



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