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Jessica Oublié nous raconte son enquête sur le scandale du chlordécone aux Antilles.

Après avoir enquêté sur le Bumidom (le bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer, un organisme français chargé d’accompagner l’émigration des habitants des DOM vers la métropole) dans sa précédente BD Peyi An Nou, Jessica Oublié s’intéresse dans Tropiques Toxiques (paru aux éditions Steinkis) au scandale du chlordécone. Elle mène une enquête remarquable qui explique les origines de cette molécule, qui donne la parole aux victimes et aux agriculteurices et qui réfléchit aux rapports de la métropole à la Martinique et à la Guadeloupe. L’enquête est mise en images par Nicola Gobbi (dessin), Vinciane Lebrun (photographie) et Kathrine Avraam (coloriste). Nous avons parlé avec l’autrice de ce travail d’une grande précision.
 

Pourquoi avoir eu envie d’enquêter sur le chlordécone, cet insecticide organochloré utilisé notamment en Guadeloupe et en Martinique entre 1972 et 1993 pour lutter contre le charançon du bananier et qui est à l’origine d’un scandale sanitaire de grande ampleur ?

Comme je le raconte dans la bande dessinée, je suis arrivée en Guadeloupe en février 2018 après avoir travaillé sur Peyi An Nou. Les différents voyages effectués entre la Guadeloupe et la Martinique pour mes recherches, et le fait que mes grands-parents y vivaient encore, m’ont donné envie de m’y installer. J’avais tellement la tête dans mes recherches sur le Bumidom que j’étais un peu passée à côté de la question environnementale et du chlordécone. Mon arrivée en février 2018 a coïncidé avec un pic médiatique autour du sujet dans les médias locaux.

En 2006, les LMR (limites maximales de résidus) chlordécone sont passées de 10 µg/kg à 20 µg/kg alors que la Commission européenne avait pris la décision d'harmoniser à 10 µg/kg l'ensemble des LMR en vigueur en Europe pour les pesticides interdits d'utilisation. Ce nouveau régime d'exception a d'une part été perçu par certains militants des Antilles comme une seconde autorisation à "empoisonner" les populations et d'autre part par certain.e.s chercheurs·ses comme une décision allant contre les recommandations visant à réduire l'exposition à la molécule qui se fait principalement par voie alimentaire. Puis fin 2017, Eric Godard, ancien ingénieur sanitaire à l'ARS Martinique et délégué interministériel chlordécone révèle que depuis 2013, un changement dans le règlement européen sur les LMR a eu pour conséquence de multiplier par 5 le taux de chlordécone admis dans la viande et les volailles. Cette décision a sans doute eu pour effet positif de sécuriser une partie de la production locale mais elle a de fait eu comme conséquence l’augmentation de l’exposition de la population qui lui se fait principalement par voie alimentaire.

La question du chlordécone est centrale aux Antilles depuis une vingtaine d'années
, alors qu'il a fallu attendre  le très bel article de Faustine Vincent paru dans Le Monde en juin 2018 pour que le sujet retienne définitivement l'attention des médias nationaux. J’arrive donc en Guadeloupe dans ce contexte qui me paraît immédiatement scandaleux. Auparavant, j'avais été bercée par la douceur des souvenirs de vacances que j'y avais passées. J’avais beaucoup fantasmé cette nouvelle tranche de vie de mon histoire et je découvre soudain l'existence de cette molécule, qui est notamment présente dans le cordon ombilical, le lait et le sang maternels. Mon présent et mon futur m'ont soudainement semblé menacés, assombris. Parallèlement, dans ma famille, j’entendais beaucoup de discours complotistes vis à vis de l'État. Cela m'a fait le même effet que lors de mes recherches sur le Bumidom. Et c'est justement ce qui m’a donné envie d’enquêter, de faire une BD : aller à la rencontre du plus grand nombre de voix en lien avec un sujet pour en montrer la complexité et ainsi en écrire le récit de façon collective. 

“ J’ai aussi eu envie d’écrire ce livre pour que les populations des Antilles puissent se réapproprier une part de ce qui est souvent pour nous invisible et illisible”

Dans la bande dessinée, vous vous mettez en scène, vous montrez votre cheminement de pensée, votre avancement dans l’enquête. Pourquoi avoir eu envie d’incarner ce récit ?

Parce que je ne vis pas cette histoire avec détachement : c’est le contexte dans lequel je vis. J’ai un autre projet de bande dessinée sur les femmes noires qui va commencer en janvier, et pour mes recherches j’anime des focus groups. J’aime discuter avec les personnes, partager les ressentis. Dans Tropiques Toxiques, j’ai envie de prendre lea lecteurice par la main et de l’entraîner dans mes souvenirs d’enfance, cela me permet de faire la bascule entre la petite et la grande Histoire sur un sujet environnemental majeur dont le traitement médiatique et même politique peut parfois déshumaniser les vécus par le poids des chiffres : 95% de la population guadeloupéenne est contaminée, 92% de la population martiniquaise l’est aussi, 500 nouveaux cas de cancers de la prostate sont déclarés chaque année… Tous ces chiffres peuvent avoir tendance à gommer  les histoires des personnes associées à cette réalité. J’avais envie que mon personnage serve à créer le lien entre l’aspect généraliste des informations et la partie sensible, humaine. Et puis j’ai aussi eu envie d’écrire ce livre pour que les populations des Antilles puissent se réapproprier une part de ce qui est souvent pour nous invisible et illisible.

Vous intégrez des photographies dans la bande dessinée…

Les photographies de Vinciane Lebrun ont ce même rôle : elles servent à montrer les visages des traces et impacts de la pollution, pour que ces personnes ne soient plus uniquement des données statistiques. Le chlordécone n’est pas lié qu’à une maladie ou qu’à la banane. C’est beaucoup plus que ça. Ce sont 800 000 personnes qui sont touchées. Nos manières de vivre, notre rapport à la consommation et à la production locale sont amenées à changer. Je voulais que les personnes qui lisent la BD aient de l’empathie pour ce que nous vivons ici et qu'elles s'interrogent aussi : et si c'était vous demain, ailleurs ?

L’enquête est extrêmement fouillée, vous avez interrogé des scientifiques, des historien·nes, des agriculteurices en métropole, aux États-Unis, en Guadeloupe… Comment avez-vous construit cette enquête ?

En septembre 2018, j’ai rencontré Luc Multigner qui est épidémiologiste à l’INSERM. Il a tout de suite été d’accord pour m’aider. Je lui ai posé de nombreuses questions. Je naviguais à vue parce que cette question du chlordécone fait appel à beaucoup de champs disciplinaires différents. 
En octobre 2018, je me suis rendue au premier colloque scientifique sur le chlordécone en Martinique. Il faisait suite à la venue du président Emmanuel Macron pendant laquelle il avait qualifié le chlordécone de « scandale environnemental ». Cela a représenté un moment de transition qui a été extrêmement favorable pour la suite de mes recherches. Tous les acteurs qui travaillent sur le sujet depuis dix ou vingt ans étaient à ce colloque et j’ai pu entendre beaucoup de choses sur le transfert de la molécule dans les différents compartiments du sol et de la chaine alimentaire, sur son impact sur les végétaux, la pêche et les animaux d'élevage, ses effets sur la santé et les perspectives envisagées en matière de dépollution. Ce qui m'a paru fou, c'est que de nombreuses choses semblaient connues au niveau sanitaire mais que peu de décisions avaient été prises en termes de formation des acteurs de la santé pour faire bouger les lignes du côté de la relation médecin/patient. Et puis l'autre chose, c'est qu'en sortant du colloque j'ai eu cette sensation étourdissante qu'il nous revenait à nous citoyens de gérer par nous-mêmes notre exposition à ce polluant environnemental alors que la préservation des "communs" est du rôle de l'État. 
En 2019, nous avons eu dans nos territoires des mobilisations citoyennes militantes très fortes et une colère très vive. En ce moment nous sommes d’ailleurs en plein dans l’affaire du procès de Kéziah Nuissier, l’un des quatre militants anti-chlordécone qui est accusé de violence contre des policiers en juillet dernier. J’avais aussi envie que l’on entende ces voix : celles qui s'élèvent en faveur de plus de justice environnementale. Cet aspect est encore peu présent dans les derniers documentaires qui ont été réalisés sur le chlordécone parce que l’histoire est en train de s’écrire : mobilisations citoyennes, enquête parlementaire, consultation publique pour le Plan chlordécone 4… Pendant toutes mes recherches, j’ai essayé le plus possible de documenter ce qui se passait au niveau de "la base" en appelant les militants, en allant aux réunions associatives, en rendant visite à des particuliers, en revêtant mon bleu de travail et mes bottes en caoutchouc pour travailler sur diverses exploitations agricoles. Avoir été l'observatrice silencieuse de cette histoire a été une très belle page de mon propre récit de vie. 

 
Tropiques Toxiques (éditions Steinkis)

Dans votre livre vous faites des parallèles entre le chlordécone et l’amiante. Qu’est-ce qui se joue de particulier dans le scandale sanitaire du chlordécone ?

Dès 1890 tout le monde savait que l’amiante était toxique et pourtant la fabrication de la fibre d’amiante a continué parce que le Comité permanent amiante, lobby des industriels, était très puissant et qu’il se chargeait de faire passer le plus de lois possibles en faveur "d'un usage maitrisé" de l'amiante. 
Pour le chlordécone, plusieurs choses sont en jeu. Déjà, il y a la place des Békés (descendants des premiers colons européens, ndlr) dans la société antillaise, leurs relations avec le pouvoir politique central et la place centrale que la banane a longtemps occupé dans notre économie. Encore aujourd’hui, la Martinique et la Guadeloupe restent des territoires d’exportation. La canne et la banane sont deux monocultures sur lesquelles nous avons développé notre modèle de développement économique et ceci de manière exogène puisque plus de 90% de ce que nous produisons en banane l'est aujourd'hui encore au bénéfice du marché métropolitain. Ce ne sont pas les "petites gens" qui ont décidé de faire du "tout banane" et aujourd'hui, c'est à eux qu'incombe de vivre avec les conséquences de sa production intensive. En plus, et j’en ai encore fait l’expérience récemment, lorsque l’on va dans les magasins ici en Guadeloupe, les bananes sont de qualité nettement inférieure à celles que l'on exporte ! On envoie le must du must de la banane dans l'Hexagone.
Au tournant des années 60, après les indépendances africaines, la France a perdu son espace géopolitique et son empire. Elle n’a pas voulu perdre les Antilles. Plusieurs mouvements ici ont demandé depuis les années 70. à obtenir soit une pleine autonomie, soit une autonomie relative. Cela n’a pas marché et la France a mis en place des stratégies pour les maintenir dans son giron. L’une de ces stratégies a été la mise en place du Bumidom qui consistait à encourager certaines personnes, souvent celles considérées comme les plus contrevenantes au pouvoir en place (à savoir les jeunes hommes d'abord puis femmes). L’autre stratégie étant de développer une économie qui permettrait à ceux et celles qui restent de travailler. Le choix des monocultures a été fait en conscience, dans la continuité de l'histoire coloniale, alors que dans le même temps en France la diversification agricole était de mise. Cela dit beaucoup je trouve de la place spécifique qu'occupe les départements d'outre-mer dans le projet économique et politique de la France.
J'ai l'impression que dans ce schéma, nous sommes condamnés à être des territoires d’exportation. Et les mêmes personnes qui gèrent les exportations, les Békés, gèrent aussi les importations. Les prix fixés pour les denrées alimentaires ou non, sous couvert du coût d'acheminement et de tarifs douaniers, font que tout ce que nous consommons ici est plus cher que dans l'Hexagone. Dans ce contexte, la souveraineté alimentaire dont j'entends beaucoup parler ici comme un horizon souhaitable, est-elle réellement possible ? Tout semble construit de sorte à ce que nous ne puissions pas envisager d'autre modèle de développement économique que ce huis clos qui nous unit à l'ancienne métropole.
Tropiques Toxiques (éditions Steinkis)

Dans la bande dessinée, vous donnez la parole aux agriculteurices qui souffrent grandement de la situation puisque leurs sols sont désormais pollués. C’était important de faire entendre ces voix ?

C’est avant tout pour réhabiliter quelque chose des professions de la terre et de la mer que j’ai voulu mettre des photographies dans l’album. Les agriculteurices que j'ai rencontré·es trouvaient injuste d’être traité·es dans la presse comme les co-auteurices de la contamination des populations.  J’ai voulu témoigner de leur travail, de leur amour pour la terre, pour la production de denrées locales saines. Ils et elles sont aussi des dommages collatéraux de la pollution. Ce sont des métiers dont la pénibilité est accrue ici du fait des pluies importantes, de la chaleur, des cyclones et dépressions tropicales. J'ai l'impression qu'il y a globalement une volonté chez ces professionnels de renouveler leur rapport à la terre, d'en être plus respectueux, de réduire leur impact environnemental en ne cédant plus à l'utilisation "automatique" de substances actives. Mais le fait que la Martinique et la Guadeloupe soient respectivement les 3ème et 6ème départements les plus consommateurs de glyphosate peut laisser entendre que le chemin à parcourir dans ce sens est encore long.
Avec tous ces scandales, iels savent qu’iels ne peuvent plus faire comme avant, qu’iels sont les rouages d’une mécanique très complexe où iels sont dépendant·es des engrais qu’on leur vend. Iels se sont endetté·es plus d’une fois et pour pouvoir renflouer les caisses il faut produire plus, avoir toujours plus de terrain… C’est un cercle sans fin, qui se répète aux dépens de la qualité des produits. Le plus gros dommage collatéral se situe au niveau des pêcheurs et des aquaculteurs. Toute forme de pêche en rivière en Guadeloupe et en Martinique est interdite parce que les poissons et rivières sont fortement chlordéconées. Des zones ont été tracées sur la mer mais le poisson bouge, circule. Ces mesures sont prises mais elles ne sont pas efficaces à 100% puisque le taux le plus important de denrées non conformes aux LMR sont issues des produits de la pêche.  
Comme certaines zones sont fermées à la pêche et que l’État a mis en place un plan spécial de reconversion et de départ à la retraite, il y a moins de pêcheurs·ses. Iels doivent aller plus loin, avoir de meilleures embarcations qu’iels paient plus cher, et partir en mer plus loin donc plus longtemps pour en amortir l'achat. Cela change profondément le visage d'un secteur qui se voulait artisanal et dont le niveau de précarité des acteurs·trices est connu des autorités.

 
Tropiques Toxiques (éditions Steinkis)

Vous laissez aussi la parole aux malades dans votre bande dessinée. Pourquoi est-il difficile d’établir un lien entre le chlordécone et les maladies comme le cancer de la prostate qui se sont multipliées en Martinique et en Guadeloupe ?

En dehors du cancer de la prostate dont on sait que son risque d'apparition s'accroît à partir de 1µg de chlordécone par litre de sang  (10% des nouveaux cas annuels, soit 50 lui seraient imputable), il n’existe en effet pas aujourd’hui de lien de causalité établi entre l'exposition au chlordécone et l'apparition de maladies précises.
Dans la BD, Laurent de Meillac, ancien patron de la SICABAM, coopérative des bananiers, et Béké de Martinique très connu, explique que, des scientifiques ont montré que d'autres pesticides de la famille des organochlorés - le lindane, le DDT, le HCH - qui se décomposeraient en résidus de chlordécone. [Visiblement, l'état des connaissances actuelles démontre que seul le Kelevan est susceptible de se décomposer en chlordécone dans les sols].  Est-ce du déni ? Une manière de gentiment botter en touche ? Ou de la "junk science" ? 
En février 2019, au moment du grand débat national, Emmanuel Macron a affirmé que personne ne lui avait prouvé que le chlordécone entraînait des cancers de la prostate, ajoutant ne pas connaitre les études du Pr Pascal Blanchet qui travaille pourtant depuis dix ans avec Luc Multigner sur le sujet. Leurs études ont été publiées dans des revues scientifiques internationales et les résultats qu'ils ont produits ne font pour l'heure l'objet d'aucune contestation. Selon moi, le Président tente de retarder ce qui ne pourra bientôt plus l'être : l'évidence de la responsabilité de l'État dans ce qui pourrait bientôt être établi, en plus du scandale environnemental, comme un scandale sanitaire.

Comment la population vit-elle avec cette menace à la fois très présente et invisible ?

Cela dépend vraiment des gens. De mon côté j’ai choisi d’avoir un producteur en légumes et d’acheter mon poisson avec un pêcheur qui a signé la charte de respect des zones de pêches. Mon idée étant de privilégier le circuit court et contrôlé. Ma grand-mère, qui a 86 ans, ne veut pas changer ses pratiques, elle dit que pour elle, les jeux sont faits, qu’elle mourra forcément de quelque chose, que ce soit du chlordécone ou pas. Pour elle, comme pour d'autres, cette pollution relève du domaine de l’invisible. Il n’y a pas d’unanimisme sur la manière de vivre la situation et d'entrer dans le débat public avec les acteurs de l'Etat en charge de la gestion de la pollution. 
En Martinique, Lyannaj pou dépollué Matinik demande notamment à ce que la collectivité récupère des terres en friche pour les donner à de jeunes agriculteurs qui pourraient développer du maraîchage exempt de chlordécone. Ici, en Guadeloupe, l'association Vivre demande pour les personnes exposées une indemnisation au titre du préjudice moral et d’anxiété. Vivre dans un environnement contaminé est très anxiogène et on le sait aujourd'hui peut être la cause de maladies. Ce préjudice a été établi pour les personnes exposées à l'amiante ou ayant été sous Médiator. 
Comment vivre aujourd’hui dans un contexte de pollution ? Pour moi il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de le faire : il faut trouver les moyens de vivre avec la présence de cette molécule sans qu’elle soit un fardeau ou une angoisse. S’il faut changer ses pratiques et manières de consommer, soit. Cette réponse est individuelle. En revanche, l’État est responsable de notre exposition collective. Dans un an, deux ans ou trois ans j’espère que l’on pourra refaire des analyses sur un segment important de la population pour voir où l’on en est de l’exposition de la population générale. Sera-t-on toujours à 95% de personnes contaminées ? Si ce chiffre diminue, cela voudra dire que les recommandations fonctionnent. Si non, il faudra se dire que les recommandations sanitaires ne fonctionnent pas. Que face à la norme règlementaire, l'individu, le collectif, les pratiques socio-culturelles sont plus fortes. Il faudra alors collectivement revoir notre manière de penser la gestion et la prise de décision dans un espace aux écosystèmes contaminés. 

 

Women who do stuff, newsletter et revue féministe. Association loi 1901

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