Copy
Les lettres "Women who do stuff" apparaissent un peu tordues, en 3D, blanches, sur des plots carrés et gris-noirs
 
On ne va pas s'étendre sur le calvaire que fut 2020. A la place, on veut vous dire qu’en 2021 on va continuer de vous présenter des femmes qui font des trucs à leur façon. Qu’elles vous inspirent, qu’elles vous réconfortent, qu’elles vous donnent de la force. Et qu’elles nous rappellent à toutes qu’il faut qu’on se serre les coudes. 
On profite également de cette intro pour vous demander de signer, si ça n'est pas déjà fait, la pétition pour la Désolidarisation des revenus du conjoint pour le paiement de l'Allocation aux Adultes Handicapés (AAH). Une pétition vitale pour l'indépendance financière des personnes en situation de handicap !


 
Portrait a hauteur de buste d'une jeune femme qui se tient de trois quarts. Ses cheveux sont longs et noirs, ses yeux sont grands ouverts et fixent un point en dehors du cadre, sur la droite. Elle porte un pull beige et un rouge a levres orange. Elle semble assis sur un canapé a motifs orange et bleu. Derriere, un mur blanc and une image de La Jeune Fille a la Perle, sauf que la jeune fille est un chat.
 

Zhou Xiaoxuan

 

Comment donner de l’ampleur à un mouvement de libération de la parole des victimes face à un gouvernement censeur ? C’est le défi auquel fait face Zhou Xiaoxuan, une réalisatrice chinoise de 27 ans, qui a participé au mouvement #MeToo en Chine en 2018. En accusant publiquement sur les réseaux sociaux le célèbre animateur TV Zhu Jun de l’avoir agressée sexuellement alors qu’elle était stagiaire pour son émission, Zhou Xiaoxuan fait face à une triple peine : celle de ne pas être crue, celle d’être accusée de vouloir nuire à la réputation de son agresseur et celle de voir sa parole censurée par les réseaux chinois.
Mais Zhou Xiaoxuan ne s’est pas laissée impressionner. Elle est l’une des premières femmes à voir sa plainte aller jusqu’au procès. Sur les réseaux sociaux, le hashtag MeToo a été censuré et a obligé les victimes et activistes à s’organiser autrement. Mais la censure et la répression n’ont pas lieu que sur internet. En 2015, 5 féministes furent envoyées en détention pour avoir organisé une manifestation contre le harcèlement sexuel dans les transports en commun. Au procès de Zhu Jun, la police a arrêté des femmes qui portaient des pancartes de soutien envers Zhou Xiaoxuan. Malgré tout, elle et les autres activistes féministes ne désespèrent pas. Les victimes continuent de témoigner, des groupes de parole s’organisent et de plus en plus de femmes portent plainte. L’étau se resserre autour des agresseurs. 


Crédit photo : Noel Celis / Getty Image

Parce que la presse cinéma est majoritairement squattée par des hommes, on se réjouit de la naissance de Sorociné, un projet de revue qui a comme objectif de mettre en avant le travail et la représentation des femmes sur grand écran. Il s'agira donc de valoriser leur présence devant mais aussi derrière la caméra. L'équipe promet de donner la parole à celles que l'on entend trop peu : cheffes opératrices, monteuses... Tout cela est porté par l'équipe du podcast Sorociné, qui a été fondé par Pauline Mallet en 2018 et a traité de nombreux sujets féministes au fil des années.

Si vous voulez encourager cette équipe de femmes talentueuses, voir naître un magazine qui ne mettra pas Tarantino, Spielberg et Nolan (no offense les gars) en couverture tous les mois et vous offrir des contreparties super chouettes c'est par ici !
Portrait coupé a hauteur du buste d'une jeune femme avec un enorme sourire. Elle est brune, ses cheveux sont longs, son sourire est eclatat. Elle a un piercing a la narine gauche, elle porte un t-shirt bleu avec un logo old-school de la Nasa, representant une fusée bleu et blanche sur un fond circulaire rouge, orange et jaune. Elle est en exterieur et se tient devant une barriere grise derierre laquelle on devine de l'herbe et des arbres. Elle tient un ordinateur portable devant elle et fixe l'objectif.
 

Sarafina Nance

 
Sarafina est une astrophysicienne américaine qui se spécialise dans l'étude des supernovas et de la cosmologie. Elle cherche notamment à déterminer quand est-ce que la Bételgeuse va exploser (article en anglais). Son travail est reconnu par le milieu scientifique et elle œuvre beaucoup sur les réseaux sociaux pour rendre son sujet de prédilection plus accessible et compréhensible du grand public : depuis le 15 janvier, Sarafina présente Constellations, une mini-série sur Youtube dédiée à l'astronomie (vidéo en anglais).
Mais Sarafina ne dédie pas son temps qu’au cosmos : il y a quelques années, elle découvre qu’elle a de grandes chances de développer un cancer du sein. Elle prend la décision de subir une double-mastectomie préventive à 26 ans, afin de réduire les risques de développer un cancer. En 2019, elle bénéficie d’une chirurgie reconstructrice grâce au savoir-faire de Anne Peled, une chirurgienne qui a elle-même survécu à un cancer du sein et qui, à l'aide de son compagnon spécialiste de la reconstruction des nerfs, œuvre pour permettre à ses patientes de conserver la sensation du toucher.
Depuis, elle milite en faveur de la santé des femmes en documentant et en partageant son parcours. Sarafina souhaite sensibiliser les femmes sur l’importance de l’auto-examen et sur l'intérêt de faire des analyses génétiques (grâce auxquelles elle a pu identifier le génome à risque), lorsque c’est possible.
 
Crédit photo : Sarafina Nance sur Twitter
Jeune feme qui se tient devant un mur recouvert d'un graffiti. Elle est agenouillée, se tient de profil en levant son bras droit devant elle dans une pose qui rappelle la musculation, pour montrer qu'elle est forte. Son visage est tourné vers l'objectif et elle sourit legerement. Elle porte un t-shirt rouge et des pantalons camouflage. Elle a une echarpe rouge et noire autour du coup et ses cheveux sont caché par un bandana brun/rose. Derriere elle, contre le mur, une plante grimpante verte avec des fleurs roses. On voit un debut de grafitti sur la droite de la jeune femme : les lettres S, E et X stylisées, rouges, violetes avec un contour vert.
 

Dieynaba Sidibe

 

Dieynaba Sidibe, de son nom d’artiste Zienixx, est la première graffeuse du Sénégal.
Dès son plus jeune âge, elle s’intéresse à la peinture et achète elle-même ses toiles et ses fournitures. Sa mère, qui voulait qu’elle soit docteure, jette un jour tout son équipement. C’est là que Dieynaba réalise que la société crée une place spécifique pour les femmes et que les problèmes commencent lorsqu’on essaye de s’en éloigner. À 18 ans, elle se met au graffiti, où elle trouve plus de place pour s’exprimer que sur une toile. Elle utilise cette pratique pour parler des problèmes sociétaux comme l’inégalité des salaires et pour promouvoir le droit des femmes. « Les femmes sont marginalisées. Je pense que mon art peut aider les gens à comprendre ça. » déclare-t-elle. Elle se perfectionne au côté de membres de la communauté hip-hop présente à Dakar, où elle trouve son soutien. « Toutes les femmes, partout, qu'elles soient poissonnières, graffeuses ou employées de bureau, nous sommes toutes des battantes. Les femmes se battent pour être libres de faire ce qu'elles veulent, de faire un travail qui leur plaît, d'être payées comme les hommes et de suivre leur passion.

 

Crédit photo : Ricci Shryock / One
Couverture d'une ancienne revue. Le fond est blanc, tous les contenus sont noirs. En haut a gauche de la couverture, le logo de la revue : "fem." dans un contour noir et les indications de prix et de date (decembre 1985). Au centre de l'image, une gravure qui represente une femme se tenant sur un chemin en exterieur, avec en arriere plan une ville et des collines. Le corps de la femme, de son cou a ses genoux, est representé par un globe terrestre. On distingue tout de meme sa poitrine et un enfant qu'elle allaite en le portant de son bras droit. A sa gauche, allongée par terre, une louve qui fixe la femme et allaite deux bébés humains. A sa droite, une chevre qui se tient debout et qui allaite un bébé humain lui aussi. Sous la gravure, en grande lettres gothiques, on lit le mot "maternidad"

Fem était une revue féministe mexicaine publiée entre 1976 et 2005. Sa fondatrice, Alaíde Foppa, voulait observer la société mexicaine sous le prisme de la lutte féministe. Premier magazine féministe d’Amérique latine, Fem était l’un des rares à aborder des sujets tels que la sexualité, la maternité ou encore l’avortement, avec un angle politique mais surtout de manière collective.
 
Portrait coupé au buste d'une jeune femme blonde et souriante, cheveux attachés, qui se tient face a l'objectif. Elle porte une blouse blanche et se tient devant un mur blanc décoré de plusieurs plantes.
 

Claire Vallée

 

C'est un événement de taille dans le petit monde de la gastronomie végétale : le restaurant de la cheffe Claire Vallée est la première table au monde à obtenir une étoile Michelin. Une consécration pour cette femme passionnée qui n'a cessé d'expérimenter dans un domaine où il reste encore tant de choses à inventer.
Rien, ou presque, ne semblait pourtant destiner Claire Vallée à se lancer dans l'aventure de la restauration. Sa passion pour la cuisine naît après l'obtention de son diplôme en archéologie, alors qu'elle entame un job saisonnier dans la restauration. Pendant sept ans, elle enchaîne des postes dans des restaurants gastronomiques et des voyages qui lui permettent de s'initier à l'un des éléments phares de la cuisine végétale : les épices. Elle passe une année en Thaïlande où elle découvre une cuisine marquée par le végétal. Sa transition végane est entamée. Lorsqu'elle revient en France, elle travaille dans un grand restaurant gastronomique et elle s'initie en parallèle au véganisme. Sa vision du monde et de la cuisine sont alors complètement bouleversées. En 2016, elle lance son propre restaurant bio et vegan à Arès, dans le bassin d'Arcachon, aidée par un crowdfunding et par une grande solidarité des habitants de la ville viennent volontiers lui donner un coup de main. Elle y développe, à un moment où le véganisme n’est pas encore très en vogue, une cuisine subtile et originale qui joue sur les épices et sur les nombreuses possibilités, parfois inexplorées, de la cuisine végétale. Une offre déjà récompensée par une fourchette Michelin et deux toques Gault & Millau en 2018 et qui lui permet aujourd'hui de décrocher l'étoile tant convoitée.
Il ne reste plus qu'à noter son adresse pour le jour béni où les restaurants ouvriront leurs portes !


Crédit photo : Pauline Le Gall

La situation des des étudiant•es, déjà fortement touché•es par la pauvreté - plus de 20% des étudiant•es français•es vivaient en dessous du seuil de pauvreté avant le covid -  ne fait qu’empirer avec la crise sanitaire qui s'éternise. Beaucoup font face à une perte d’emploi ou à un manque de ressources. 

Le CROUS permet aux étudiant•es boursiers de bénéficier d’un repas à 1€, des mutuelles distribuent des masques gratuits mais les étudiant•es sont délaissé•es par le gouvernement. Pour aider les plus précaires, SOS-Étudiants.fr et les Droits des Étudiant•e•s ont mis en place une cagnotte qui atteint aujourd’hui 5695€. Une première levée de fonds a permis de donner en moyenne 100€ aux étudiant•es enregistré•es. Leur site permet également de parrainer directement un•e étudiant•e, afin d’apporter une aide sociale, financière ou psychologique.
Photo en exterieur d'une jeune femme assise sur le sol, devant une cascade. Elle fixe l'objectif fierement, sa jambe droite pliée devant elle et sa jambe gauche depliée. Elle tient une planche de longboard devant elle, qui masque une partie de sa jambe droite. Elle est brune, porte des dreads, a un piercing au septum. Elle a un t-shirt bleu cyan, ses jambes sontnues et elle porte des chaussettes hautes et une paire de baskets.
 

Marina Correia


Le 10 janvier dernier, Marina Correia décroche le titre de championne du monde de longboard dancing. À seulement 23 ans, elle est la première femme noire et africaine à remporter la victoire. Née au Cap-Vert, sa famille déménage à Nice à ses 14 ans. Elle s’intéresse d’abord au skate au collège et lorsque sa planche se casse, c’est l’occasion pour elle de tester le longboard d’un de ses amis : c’est la révélation. Pour Marina, ce n’est pas qu’un sport, c’est aussi un mode de vie, un art.  Elle emmène sa planche partout et se sent libre. « C’est une victoire pour toutes les filles issues des minorités qui parfois pensent ne pas être capables d’accomplir leur rêve » déclare-t-elle. Elle a également pour objectif d’aider les plus jeunes à s’exprimer grâce au longboard, et une fois que le covid le permettra, de se rendre dans les orphelinats et les hôpitaux pour y partager sa passion.


Crédit photo : Nicolas Catovic



Women Who Do Stuff, newsletter et revue féministe. Association loi 1901.



Cette newsletter est écrite/éditée/aimée par Émeline, Marion, Lisa, Pauline, Mélissa et Mathilde.
Si vous voulez nous dire bonjour, faire part de vos remarques et suggestions ou carrément nous féliciter : womenwhodostuff@gmail.com



Pour voir les éditions précédentes, c'est par ici. Pour vous désinscrire : unsubscribe from this list.