Copy
 
C’est devenu une habitude : avec la nouvelle année vient un nouveau numéro de Women who stuff ! Après avoir abordé Internet dans le numéro 1 et la famille dans le numéro 2, nous avons eu envie de consacrer notre nouveau numéro à un thème central au sein des luttes féministes : le corps
Vous pouvez dès à présent précommander votre exemplaire, pour une livraison prévue en septembre.
À travers des essais personnels, des interviews, des reportages, des illustrations, des photos ou encore des poèmes, plus de 80 contributrices partagent leur expérience du corps. Corps sportif, corps travailleur, corps voilé, corps violé, corps violent, corps gros, corps malade, corps trans, corps jeune, corps vieux, corps mort, corps décoré, corps racisé, corps lesbien, corps intime, corps politique, corps sexuel… laissons tous les corps s’exprimer, donnons-leur une visibilité, racontons ce qu’ils ont subi et célébrons-les. Mettons-les à l’honneur, dans toute leur diversité et leur complexité.

 
Réapproprions-nous nos corps
et soyons en fièr·e·s !

 
Précommander le numéro 3
 
Cette année c’est Caroline Laguerre qui nous a fait l’honneur d’illustrer notre couverture. Nous lui avons posé quelques questions pour vous faire découvrir son univers et sa démarche.
Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Caroline Laguerre, j’ai 31 ans et je vis et travaille à Paris. Diplômée de l’École Supérieure d’Art du Havre en 2016, je pratique aujourd’hui les arts graphiques. De l’illustration à la peinture murale, ce que j’aime par-dessus tout, c'est de diversifier les projets. Le fil directeur de mes images est le travail de la composition à l'aide de couleurs restreintes et tranchées ainsi qu’une vision assez personnelle des points de vue, des perspectives et des morphologies.

Mon but est de créer des images lisibles et impactantes tout en y apportant une certaine singularité, et un côté rigolo ou bien mélancolique, selon mon humeur (qui est très changeante).

Ma devise : « Dessins de qualité, idées lumineuses, modestie ».

 
Dans ton travail, le corps des femmes est souvent puissant : de grandes jambes, des bustes imposants... Comme si elles reprenaient une place qu'on leur refuse dans la société. Comment envisages-tu le corps des femmes dans tes illustrations ?

Effectivement, je représente volontairement des corps imposants qui renvoient un sentiment de puissance, j’aime cette idée que les femmes ne sont pas des choses fragiles et je suis persuadée que les images peuvent contribuer à changer les stéréotypes sur le corps féminin que l’on retrouve dans les médias.

J’aime beaucoup représenter les corps, et notamment les corps de femmes et leurs courbes que je m’amuse à distendre, je change leurs proportions, le défi étant de garder un équilibre cohérent dans le corps et la composition du dessin, que l'on comprenne au premier coup d'œil la position du corps malgré les inexactitudes anatomiques. Je dessine souvent des visages petits et assez peu expressifs ; lorsque je me concentre sur une partie du corps que je vais mettre en avant ou représenter en gros plan, c’est rarement le visage. Et lorsque j’ai le choix total de mon sujet, (plutôt dans mes projets personnels comme mes peintures sur bois), je peins souvent des femmes de dos, ou dont le visage est partiellement ou entièrement caché. En revanche, je dessine beaucoup de fesses !

J’aime l’idée que les postures et le langage corporel prennent davantage de place dans l’image que les expressions faciales. Le dessin est un médium qui permet une grande liberté de formes et je m’en amuse.

 
Pour cette couverture, avais-tu des inspirations particulières, notamment pour dessiner des femmes souvent invisibilisées ?

Lorsque vous m’avez proposé de dessiner une couverture sur le thème du corps, vous m’avez précisé tout de suite que le but était de s’éloigner des représentations des corps standardisés, et nous avons évoqué l’idée de montrer des corps de personnes plus âgées, que l’on a peu l’habitude de voir.

J’ai tout de suite été séduite par cette initiative et j’étais d’autant plus enthousiaste que le thème du corps me parle. Je n’avais pas ou peu dessiné de corps âgés, et j’avais l’impression que je n’en avais pas vu souvent, excepté dans le cadre de représentations de grands-mères ou de personnes malades. Après quelques recherches, je me suis vite aperçue que ce n’était pas qu’une impression. Comme si, en vieillissant, les femmes n'étaient plus des personnalités à part entière mais uniquement des mères ou des grands-mères, une identité qui s'efface avec le temps qui passe.

Étant donné qu’il s’agissait de créer une couverture de magazine, et d’un magazine inclusif qui sort des clichés des revues féminines « classiques », je trouvais d'autant plus intéressant de faire un pied de nez aux magazines de mode en en réutilisant les codes pour leur faire raconter autre chose. Ainsi, je me suis nourrie de publicités de mode (ce qui est rarement le cas dans mon travail) afin de m’en inspirer et de les revisiter avec des corps âgés, créant ainsi une image de ces femmes pour ce qu’elles dégagent, leur force et leur charisme, mais aussi les émotions qu’elles transmettent.


 
Précommander le numéro 3

Dans ce numéro :
 
 
Corps et politique

Rencontre avec Erica Malunguinho

Il y a quelques mois, Sarah Benichou et Juliette Rousseau (du collectif Longues Vues) se sont rendues au Brésil pour rencontrer des activistes transgenres et parler de leurs luttes. Pour nous, elles ont interviewé Erica Malunguinho, 39 ans, première femme trans noire au monde à être élue à un poste de députée. Depuis 2018, elle siège à l'assemblée législative de l'État de São Paulo. Elle est également éducatrice et artiste plasticienne, et à la tête d'un espace culturel dédié aux cultures afrodescendantes. Dans cet entretien, Erica Malunguinho revient sur les stratégies de lutte mises en place contre le président Jair Bolsonaro, et sur l’impact émotionnel d’être une femme trans et noire dans des espaces majoritairement occupés par des hommes.
Photo : Erica Malunguinho - Crédit : Sarah Benichou et Juliette Rousseau

 
 
Femmes et artisanat

Je ponce donc je suis

Comment le corps des femmes s'adapte-t-il aux métiers de l'artisanat ? Dans cette enquête passionnante, Guylaine Germain donne la parole à des menuisières, des souffleuses de verre, des étudiantes en charpenterie pour nous plonger dans un univers encore très sexiste où les femmes doivent très souvent adapter leurs corps et leurs comportements pour trouver leur place. Elle nous fait surtout découvrir des femmes passionnées et passionnantes.
Illustration : Clara Dupré

 

180 pages

Format A5

Imprimé en France


Retrouvez les mots et les images de Christelle Murhula, Fabienne Lacoude, Fatma Torkhani, Lickie McGuire, Mikankey, Taïna Allen, Ana Galvan, Marcia Burnier, Rozenn Le Carboulec, Amina Bouajila, Elsa Gambin, Joanna Foliveli, Tahnee et bien d’autres encore !

Pour chaque exemplaire vendu, 1€ sera reversé à SOROSA, une association drômoise qui vient en aide aux personnes exilé·e·s, et 1€ au FAST de l’association Acceptess-T, dont l’objectif est de soutenir les personnes transgenres.
Les préventes sont extrêmement importantes pour nous : elles nous donnent la possibilité d’anticiper le nombre de tirages et d’éviter une surproduction. Elles nous permettent aussi de rémunérer les contributrices et d'envisager la suite de cette aventure. Cette année encore, notre objectif est de 1000 précommandes, afin de pouvoir garantir notre indépendance.

 
Précommander le numéro 3


Women Who Do Stuff, newsletter et revue féministe. Association loi 1901.



Cette newsletter est écrite/éditée/aimée par Émeline, Marion, Lisa, Pauline, Mélissa et Mathilde.
Si vous voulez nous dire bonjour, faire part de vos remarques et suggestions ou carrément nous féliciter : womenwhodostuff@gmail.com



Pour voir les éditions précédentes, c'est par ici. Pour vous désinscrire : unsubscribe from this list.