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L’actualité de ces dernières semaines est absolument atroce : sexisme, islamophobie, culture du viol, rien ne nous a été épargné. Alors de notre côté, on est plus que jamais déterminées à vous présenter des meufs fabuleuses qui ne s’excusent pas, qui luttent et qui nous font dire "WOW". Ce mois-ci on vous parle donc de sport, de science-fiction, de musique, de travail du sexe et d'art. Au fait, suivez-nous sur Instagram, on vous prépare une semaine spéciale Cannes pas piquée des hannetons.

Prenez soin de vous et n'hésitez pas à venir nous faire coucou sur twitter ou par mail.
 

Vénus Liuzzo

Vénus est une jeune femme transgenre italo-kabyle. Hyper active sur Twitter et Youtube, elle raconte en vidéo les tribulations d’une jeune travailleuse du sexe en France. Ses vidéos sont drôles et pédagogiques sans jamais masquer les violences et la précarité auxquelles doivent faire face les travailleuses du sexe, notamment lorsqu’elles sont transgenres et/ou racisées.

Honnête sur son parcours, Vénus offre un point de vue loin des traditionnels discours abolitionnistes. Vénus est aussi membre du STRASS, le syndicat du travail sexuel qui milite pour les droits des travailleur-ses du sexe et qui est aussi un outil au service de l’auto-organisation des travailleurs du sexe. S’il y a un bien une youtubeuse à suivre et à soutenir (via son Paypal), c’est  elle. Et d’ailleurs : excellentissime anniversaire Vénus, continue de briller.


Crédit photo : Vénus Liuzzo

Caster Semenya

Si vous avez suivi l’actualité récemment, le nom de Caster Semenya n’a pas pu vous échapper. Née le 7 janvier 1991 à Ga-masehlong en Afrique du Sud, Caster est devenue championne olympique du 800 m en 2012 et 2016. Depuis le début de sa carrière, Caster Semenya subit des contrôles à répétitions au prétexte d’un taux de testostérone qui serait trop élevé (et aussi car c’est une femme noire, on sait que Serena Williams est beaucoup plus contrôlée que n’importe quelle autre joueuse du circuit). Ce taux de testostérone serait donc un avantage par rapport aux autres compétitrices de sa catégorie. Caster Semenya domine largement le 800 m, peu nombreuses sont celles qui peuvent rivaliser avec elle et donc la pilule passe mal (celles qui terminent dernière des courses mettent ça sur le dos de Caster…).

Malgré les déclarations unanimes des scientifiques qui expliquent qu’un taux élevé de testostérone ne peut être la seule raison de la domination de Caster, le Tribunal arbitral du sport a pondu un règlement qui oblige les personnes avec un taux trop élevé de testostérone à prendre un traitement. Jamais un tel règlement n’a été fait pour les hommes. Caster Semenya est un modèle de force, de fierté et de gentillesse et elle le dit :  “Je vais continuer à montrer et à me battre pour montrer que rien n’est impossible”. Une légende.


Crédit photo : AFP
Le 14 juin sera un grand jour en Suisse : les femmes feront grève. «Nous en avons assez ! Nous ne sommes ni respectées, ni rémunérées selon les normes fixées par la loi. Dans la rue et au travail, le sexisme atteint nos vies, nos corps. Suissesses, immigrées, réfugiées, quelle que soient la couleur de notre peau, notre orientation sexuelle, notre statut social et notre âge, nous sommes exposées à des violences et discriminées d’une manière ou d’une autre ». Pour en savoir plus sur les actions prévues dans toute la Suisse le 14 juin, cliquez ici.

Hania Zazoua
 

Hania Zazoua, aussi connue sous le pseudo de Princesse Zazou, est une artiste plasticienne, une styliste, une designer et une vidéaste algérienne. Elle a notamment fondé l'agence de communication Bergson & Jung et a créé la marque Brokk'art. Tout commence avec l’École Supérieure des Beaux-Arts d'Alger, où Hania termine major de promotion. Une fois son diplôme en poche, elle rejoint l’École Supérieure d'Art d'Aix-en-Provence. Hania enchaine alors les petits boulots tout en étant étudiante. A son retour à Alger en 2005, Hania fonde son agence Bergson & Jung, qui se spécialise dans l'architecture, l'aménagement, la communication et l'évènementiel.
Elle crée dans la foulée la marque Brokk'Art, avec laquelle elle peut s'épanouir et donner libre cours à sa créativité débordante et à son style multicolore et volontairement kitsch. Hania imagine des objets d'art, des vêtements, des sacs ainsi que du mobilier. Elle joue avec les couleurs, mélange les matières, s'amuse avec les typographies, détourne les symboles de la pop-culture occidentale, détourne les clichés néo-orientalistes et les juxtapose avec des éléments issus de la culture arabe ou andalouse. Hania expose et vend ses œuvres et celles d'autres artistes dans son concept store aux allures de cabinet de curiosités situé au cœur d'Alger. Les revenus lui permettent de financer des expositions et des résidences d'artistes et de designers, et ainsi participer à faire rayonner la scène artistique algérienne.

 

Crédit photo : The Crazy Souk
Bad Bitches Only est un jeu du genre time’s up dont le but est de faire deviner un maximum de personnalités en un temps limité. Là où ça devient intéressant, c'est que les personnalités à deviner sont toutes des femmes (trans, fluid et cis) qui ont marqué l’histoire d’une façon ou d’une autre. Un jeu féministe et ludique, créé par une femme, illustré par une femme et qui promet de bien belles soirées. Il vous reste 12 jours pour les soutenir sur Ulule !

Sabrina Calvo

Sabrina Calvo est née à Marseille. Elle est écrivaine, dessinatrice, scénariste et conceptrice de jeux vidéo. Sabrina est une femme transgenre. Elle écrit son premier livre en 1997, "Délius, une chanson d'été". Depuis, elle a publié 8 romans, rédigé plein de nouvelles, scénarisé plusieurs BD et travaillé sur pas mal de jeux vidéo. Son dernier bouquin, Toxoplasma, a gagné le Grand Prix de l'Imaginaire 2018 ainsi que le Prix Rosny Ainé 2018. Rien que ça ! L'intrigue de Toxoplasma prend place sur l'île de Montréal assiégée par l'armée fédérale après la Révolution. On y suit Nikki, Kim et Mei, trois femmes qui essaient de s'en sortir tant bien que mal alors que dans les rues de la cité se déchirent les partisans de l'ancien monde libéral et les anarchistes.

Il est difficile de définir l’œuvre de Sabrina tant son style est original. Sabrina écrit de la science-fiction dans laquelle elle mélange le cyberpunk, le fantastique et le réalisme magique. Sa SF est teintée de douceur, de mélancolie et d'humour. Sabrina, qui se dit libertaire, aimerait que la littérature de science-fiction libère notre imagination et l'image qu'on se fait de notre futur. Elle veut créer des failles dans notre imaginaire, pour qu'on puisse s'y engouffrer et créer nos propres raccourcis, sans que personne ne nous indique le chemin.

Récemment, Sabrina a co-écrit le conte fantastique en réalité virtuelle "7 Lives", réalisé par Jan Kounen. 7 Lives a été présenté au Tribeca Film Festival. Inspiré par le Japon, cette expérience raconte l'histoire d'une âme prise entre le monde des vivants et des morts. Vous pouvez voir le trailer ici. Vous pouvez en apprendre plus sur Sabrina dans ce portrait d'elle sur Komitid.


Crédit photo : La Volte
Suite à la pénalisation de l’avortement en Alabama, Celia Jacobs a réalisé cette illustration qu’elle laisse libre d’utilisation. Celia est une illustratrice américaine qui vit et travaille à Los Angeles. Elle collabore notamment avec la marque Tuesday Bassen.

Suboi

Suboi est tout simplement considérée comme la reine du hip-hop au Vietnam. Suboi est née et a grandi à Hô-Chi-Minh-Ville. Pendant l'adolescence, elle se découvre une passion pour Eminem. Le rappeur américain l'inspire et c'est en apprenant les paroles de ses chansons par cœur qu'elle apprend l'anglais (un anglais un peu vulgaire, du coup). C'est aussi à l'adolescence qu'elle rejoint un groupe qui reprenait des chansons de Linkin Park (<3) et qu'elle découvre la scène. Et elle aime ça. Suboi est dans un monde différent lorsqu'elle se produit, elle se défait de sa timidité. Suboi se produit de plus en plus et signe chez un label qui lui permet de sortir son premier album en 2010.

Pas facile de se faire une place dans le milieu du rap quand on est une femme et que son pays n'est pas très friand de ce genre musical. Et pourtant Suboi s'est fait un nom. Elle mélange les genres musicaux pour créer quelque chose d'inédit au Vietnam. Et puis elle doit se montrer créative dans l'écriture de ses textes : la censure du gouvernement ne lui permet pas de rapper sur des sujets comme la drogue, le sexe ou les questions politiques. Suboi accepte ce challenge supplémentaire et ne manque pas d'imagination pour s'exprimer. Suboi a été la première artiste vietnamienne à se produire sur scène lors du célèbre festival américain South by Southwest, et elle aussi posé un petit freestyle devant Barack Obama lors de sa visite au Vietnam il y a quelques années. Elle a sorti un nouveau clip il y a quelques jours, on vous invite à le découvre à cette adresse.


Crédit photo : Loop Central


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