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La newsletter des 50 ans du Centre Henri-Becquerel.
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Mon leitmotiv : rester proche des patients et tout faire pour les aider.

"Le sens du travail au service des patients"
Après des débuts aux « Postes, Télégraphes et Téléphones » (PTT) à la Préfecture, je suis arrivée au Centre Henri-Becquerel en 1973 en tant que standardiste, à l’accueil qui se situait alors à la place de l’actuelle cuisine au niveau 1. J’avoue que ma motivation première à rejoindre cet établissement était avant tout financière, car les conditions, à l’époque, étaient très attractives : un bon salaire, des augmentations régulières et de nombreux avantages. Mais très vite j’ai compris le sens du travail en équipe au service des patients .
Exemplaire de bulletin de paie au début des années 70 et plan du Centre Henri-Becquerel en 1988

"J'ai fondu en larmes à mon départ"

En 1976, suite à une réorganisation, on m’a proposé un poste au service comptabilité. Je ne disposais d’aucune formation dans ce domaine, mais à l’époque c’était fréquent de recruter les postes d’administratif en interne, sans compétence requise. Cela se passait souvent par bouche à oreille et l’on avait d’ailleurs tendance à privilégier l’embauche du fils ou de la fille d’un membre du personnel.
 
Il m’a donc fallu apprendre ce nouveau métier d'aide comptable (puis de technicienne comptable), ce qui n’a pas été facile puisque j’étais plutôt, par nature, fâchée avec les chiffres… Ma chef de l’époque a d’ailleurs failli à maintes reprises s’arracher les cheveux ! Il faut rappeler qu'avant l'arrivée de l'informatique en 1980, la comptabilité se faisait manuellement.
 
J’étais en charge de relancer les différents impayés des patients. Un rôle qui consiste à « réclamer » sans cesse. Heureusement, je savais différencier une personne qui ne voulait pas payer, de celle qui rencontrait des difficultés financières. Et ce n’est pas du tout la même chose ! A ce poste, il faut savoir faire preuve de compassion et ne pas accabler quelqu’un de fragilisé, à qui il faut pouvoir accorder un délai lui permettant de trouver une solution. Le cancer c’est souvent une double peine : vous être malade, puis se rajoute de nombreuses charges ainsi qu’un manque à gagner qui peuvent occasionner des problèmes d’argent. Par exemple, lorsqu’un patient m’appelait en pleurs pour m’expliquer qu’il était à la retraite depuis peu et qu’il n’avait pas encore touché ses indemnités, c’était difficile de lui imposer un paiement immédiat. Je m’arrangeais alors souvent afin de mettre en place des échéances acceptables. En tant qu’établissement de santé, il n’est pas question de ne pas se faire payer et de mettre en péril les finances, mais pour autant la notion de « à but non lucratif » a un sens, on ne travaille pas ici par hasard, on se doit d’être plus humain que dans certains gros services financiers hauts placés. C’est pourquoi, malgré ma fonction administrative, il n’était pas rare que je me rende jusqu’au chevet des patients pour discuter de la situation avec eux. Parce qu’à Becquerel on prend soin des patients, j’oserais dire « on aime ses patients ».
 
Je suis fière d’avoir travaillé dans un établissement de renom comme celui-ci, reconnu pour la qualité de ses résultats médicaux et dont la prise en charge a su rester familiale au fil des années.
 
Mes derniers mois d’activité, lorsque j’évoquais mon départ, ou que quelqu’un me lançait un : « Alors Mireille, bientôt à la retraite ? », je fondais en larmes. Il faut dire qu’à cette époque, je faisais partie du Comité d’Entreprise et qu’en tant que déléguée du personnel, je connaissais tout le monde ! Lorsque travail rime avec plaisir, diversité et vie sociale très active, la perspective de perdre tout ça est effrayante…

Un retour qui tombe à pic : la boucle était bouclée !

En 2015, deux ans après mon départ en retraite, la direction du Centre m’a proposé une mission ponctuelle parfaitement dans mes cordes.
 
J’ai alors enfilé avec grand plaisir un « gilet rouge d’information » et je suis allée pendant deux mois à la rencontre des patients dans le hall d’accueil, un retour aux sources ! L’objectif était d’accompagner la mise en route de bornes d’accueil destinées à mieux orienter les usagers et éviter les rejets de facturation (une problématique essentielle pour moi) en garantissant la mise à jour des coordonnées.
Nathalie GALLAIS, la Directrice des Ressources Humaines, m’a fait une réflexion qui m’a beaucoup touchée : « Mireille, décidément c’est comme si vous n’étiez jamais partie, vous êtes ici comme chez vous, vous connaissez encore tout le monde alors que certains après leur départ ne reviennent jamais ! ».

Cela me semble tellement naturel de passer dire bonjour régulièrement. J’ai passé au Centre 8h par jour, 5 jours par semaine, pendant 40 ans. Je m’y suis fait des amis avec qui nous avons traversé les années, j’ai été heureuse et je ne garde que de bons souvenirs. Je chéris cette idée de stabilité qui me ressemble, surtout à une époque où tout change, ou les gens ne restent jamais longtemps en poste.

"Des conditions de travail très différentes d'aujourd'hui"

D’une petite entité à un Centre structuré

Le Centre était « au top » dès ses débuts. Le personnel a toujours agit en grande proximité avec les patients. Ils n’ont jamais été des dossiers ou des numéros, mais plutôt des personnes en souffrance qui comptaient sur nous. Nous avions à cœur de les appeler par leur nom ou bien leur prénom, c’était vraiment familial. Peu à peu l’établissement s’est agrandi, les activités se sont complexifiées et diversifiées, le nombre de salariés et de malades pris en charge a considérablement augmenté. Une évolution inévitable et nécessaire mais qui a été difficile. Nous avions par moment l’impression que l’on nous gérait, désormais, comme une entreprise dans laquelle les contraintes financières prenaient le pas. Heureusement, l’établissement est resté un lieu accueillant ou l’on se sent bien et considéré. Il m’arrive de recroiser des patients qui me disent : «Vous êtes un Centre formidable »... Ce qui est certainement l’essentiel.


Place aux pantalons

Les premières années, les femmes n’avaient pas le droit de porter de pantalon, y compris les infirmières qui devaient travailler en blouse longue avec la possibilité de mettre une jupe. Puis en 1973, un matin, Mme AUBER, la Secrétaire Générale de l’époque, est arrivée en pantalon… Nous nous sommes alors dit : « Si elle a le droit de mettre un pantalon, nous aussi on a le droit d’en mettre un ! ».
 


Nous étions jeunes, c’était le temps des transgressions

A mes débuts, nos journées de travail étaient plus longues avec des horaires de 8h à 17h et simplement 30 minutes pour déjeuner. Nous étions chronométrés et très surveillés. Nous ne disposions pas de temps autorisé de pause. Par exemple, pour fêter l’anniversaire d’une collègue, il nous fallait ruser auprès de notre chef de service, en prétextant effectuer faussement du classement : « Où allez-vous les filles ? - Euh... Déposer des cartons aux archives ! ». L’une d’entre nous faisait alors un détour par le distributeur de pâtisseries qui se trouvait au local technique, cachait les petites douceurs commandées dans un carton à archives vide, puis rejoignait le groupe afin de s’amuser jusqu’à l’heure à laquelle nous savions que notre chef viendrait nous voir. Aujourd’hui c’est plus facile, on a plus liberté, il n’est plus question d’être contrôlé à ce point. Mais que de bons souvenirs ! En est resté pour les initiés, l’expression : « je vais aux archives », qui signifie que l’on va faire une pause.


La fin de la cigarette

Il fut une époque nous avions le droit de fumer dans l’établissement. Pour celles qui fumaient, nous mangions en moins de 10 minutes afin de nous accorder un « café-cigarette » de 20 minutes entre collègues. Des habitudes qui créaient un clivage entre les pro-fumeurs et les anti-fumeurs. Suite aux modifications de législation, les lieux autorisés aux fumeurs se sont succédés (d’abord au self, puis au service technique, puis au niveau du Comité d’Entreprise, puis à la machine à café près des archives), jusqu’à ce que l’établissement devienne un « Hôpital sans tabac », loin de l’époque où certains médecins fumaient lors des consultations.


Nous mangions chacun de notre coté

Jusqu’en 2005, l’établissement disposait d’une salle de restauration pour le personnel et d’une salle réservée aux médecins, qui à l’époque ne se mélangeaient pas. Puis les travaux successifs ont induit la création de l’actuel self unique qui a réuni l’ensemble des salariés.

Ancien self des salariés


L'arrivée de l'informatique ? Une révolution !

Dans les années 1980, le passage du papier à l’informatique a été pour moi très impressionnant. Nous n’y connaissions rien, il a fallu appréhender cette nouvelle façon de travailler sur écran. J’ai mis du temps à être à l’aise avec l’outil, mais il faut bien reconnaitre que ce fut une évolution très positive qui nous a facilité la tâche au quotidien. En un clic, tout se faisait à présent automatiquement par simple entrée des données !


Noël comme en famille

Le Noël des enfants du personnel se déroulait dans la salle de restauration où trônait pour l’occasion un immense sapin. Le Comité d’Entreprise (CE) se chargeait de commander un jouet pour chaque enfant, ce qui était bien moins impersonnel que les actuels chèques cadeaux. Le rôle du Père Noël était souvent endossé par un salarié accompagné par le Directeur Général lors de la distribution. Nous partagions un repas à base d’escargots, d’huitres… pour 1,60 Francs par personne. C’était toujours un magnifique moment de convivialité et de partage, comme en famille !


Un concierge sécurisait l'accès au Centre

Dans le temps, le Centre disposait d’un concierge. Sa loge se situait là où est aujourd’hui l’entrée du parking du personnel rue Edouard-Adam. La nuit, l’accès à l’accueil principal était fermé par de grandes barrières, placées à la place de l’actuelle entrée des ambulanciers. Il était donc en charge de vérifier les entrées et sorties. C’était sécurisant, car le quartier Martainville était, à cette époque, très malfamé. Un des pires de Rouen. Cela malgré la grande proximité avec la gendarmerie qui se trouvait dans les locaux de l’actuel Hôtel de Région.

Illustration du bâtiment principal avant les travaux de construction du nouveau bloc opératoire et de l'Unité de Soins Intensifs (USI) en 1989

[1967-2017]
Les Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC) ont été institutionnalisés par une ordonnance du Général de Gaulle en 1945. Créé par arrêté ministériel du 15 novembre 1960 et ouvert en octobre 1967, le Centre de Lutte Contre le Cancer de Rouen porte le nom de Henri BECQUEREL en hommage au physicien français qui a reçu en 1903 le Prix Nobel de physique ,partagé avec Pierre et Marie CURIE, pour la découverte de la radioactivité naturelle. Cette année, le Centre Henri-Becquerel commémore ses 50 années d’expertise et d’innovations au service des Normands.
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