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La newsletter des 50 ans du Centre Henri-Becquerel.
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Faire le choix d’être radiothérapeute, c’était s’assurer une carrière à Becquerel.

"Présent dès l'ouverture !"
J’ai débuté au Centre en 1967 en tant qu'externe. En 1969, je suis parti exercer au Mexique. A peine deux ans après, le Professeur René LAUMONIER, Directeur Général du Centre de l’époque, m’a contacté. Son besoin était clair : « Diagnostiquer les tumeurs c’est bien, encore faut-il pouvoir les traiter. Il nous faut des radiothérapeutes ! », me disait-il afin de me persuader de revenir. J’ai décidé de relever le défi. Officiellement de retour à Rouen, j’étais au quotidien en formation continue à l’Institut Curie à Paris pour y apprendre le métier, en plus des cours théoriques. J’ai obtenu mon Certificat d’Etudes Spécialisées (CES) en radiologie, option radiothérapie, le 8 novembre 1972. J’ai ainsi pu exercer au Centre en tant que praticien assistant en radiothérapie, spécialisé sur l’une des pathologies les plus courantes à Becquerel : le cancer du sein.
Extrait de la décision de nomination d'Yvon Graïc

"Au début, il a fallu faire ses preuves"

Anecdote

En 1967, on nommait couramment nos structures : les « Centres anti-cancéreux ». Une erreur profonde d’appellation puisque nous n’étions pas « contre les cancéreux » mais bien des Centres dont la mission était de lutter contre le cancer.
A l’époque, les tumeurs étaient souvent mal soignées, voire pas du tout, faute de connaissance de la pathologie, d’outils de diagnostic et de réponse thérapeutique. Le Centre à ses débuts a donc principalement pris en charge des patients dont le cancer était très avancé, avec beaucoup de situations de fin de vie (palliatif). Dès lors que nous avons pu démontrer notre expertise, les médecins traitants nous ont envoyé directement les malades qu’ils suspectaient atteints d’un cancer, ce qui a augmenté notre activité et amélioré la qualité de leur prise en charge. Les conditions de travail étaient très différentes d’aujourd’hui : bien moins de patients, des protocoles thérapeutiques assez flous, des techniques plus archaïques, un niveau de sécurité très relatif… Nous accordions par contre plus de temps aux patients pendant les consultations, ou aux échanges entre collègues.

"La force du Centre : l'innovation"

Modèle de prise en charge

La force des Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC) a toujours été de disposer dans un même lieu d’un plateau technique complet regroupant les laboratoires, les services de diagnostic et de soins. Ceci leur a permis d’être à l’origine du modèle innovant de prise en charge pluridisciplinaire du cancer, avec la mise en place de réunions composées de spécialistes de différentes disciplines qui déterminent ensemble le traitement le mieux adapté à chaque patient. Dès l’ouverture en 1967 du CLCC de Rouen, nous avons fonctionné ainsi. Lors de staffs hebdomadaires, chaque médecin présentait les dossiers de ses patients (comptes rendus) et en discutait avec ses collègues.


Diagnostic

Le Centre a initié la pratique d’examens à visée diagnostique très spécialisés, comme notamment la première lymphographie (qui ne se fait plus) qui était une radiographie du système lymphatique (ganglions). La réalisation de ces bilans imposait d’injecter un produit, une substance iodée opaque aux rayons X, par les canaux lymphatiques qui sont aussi fins qu’un cheveu !


Traitement

Les choix thérapeutiques se sont toujours faits sur la base de protocoles établis auxquels on se référait. Ceux-ci étaient d’abord «faits maison», puis normés grâce au développement des études cliniques donnant lieu à des résultats scientifiques concrets permettant d’encadrer les pratiques. Le Centre a donc lui-même contribué à cette avancée des connaissances en participant à de nombreuses études comparatives, principalement au niveau européen.
De nouvelles pratiques ont également été initiées au Centre, comme la Curiethérapie, mise en place par le Dr NOUEL-MIDOUX. Cette technique de radiothérapie consistait à placer des éléments radioactifs (de l’iridium ou du césium) directement à l’intérieur de l’organisme, soit au contact de la tumeur, soit dans la tumeur elle-même. Cette application a été longtemps utilisée pour traiter les cancers de la peau et les cancers du col de l’utérus nécessitant l’aménagement de chambres protégées (plombées), dans lesquelles les patients restaient sans bouger pendant plusieurs  jours, le temps de l’irradiation.


Cancer du sein

Nos équipes ont été à l’origine de travaux précurseurs visant à réduire les mutilations du sein, associant une chirurgie moins invasive (conservation du sein) à de la radiothérapie. La publication des résultats nous a valu en 1979, une parution dans la revue l’ESTRO (European Society for Radiotherapy & Oncology). Cette distinction a officiellement positionné le Centre en tant qu’expert du cancer du sein, générant un afflux important de nouveaux patients.

L'équipe de foot de Becquerel lors d'un match début 70, de gauche à droite debout :
Dr BERRY, radiologue, Dr LEPILLE, oncologue, Dr CLEMENT, radiologue, Dr LE GOFF, radiologue, Dr MONCONDUIT, hématologue, M. BASUYAU, biologiste. Assis : Dr CHOMANT, médecin nucléaire,
M. HERNOT, cadre de radiothérapie, Dr Yvon GRAÏC, radiothérapeute

"J'ai eu la chance de participer à de nombreuses évolutions"

Le Centre a constamment évolué, que ce soit en termes d’amélioration de la prise en charge thérapeutique, de la qualité d’accueil, du niveau d’équipement, de la masse salariale (en 1967 nous étions 100 salariés, contre 750 aujourd’hui), ou bien de la notoriété.

Les secteurs d’activité du Centre au cours des 50 années d’exercice se sont diversifiés à plusieurs reprises. Certes l’établissement a toujours été un Centre de référence en hématologie et en sénologie, mais il s’est par exemple orienté pendant une période vers la prise en charge des cancers digestifs sous l’impulsion du  Dr KUNLIN, chirurgien parisien de renom. De la même façon, nous avons momentanément pris en charge les cancers du poumon, sans pour autant les opérer sur site. Je me suis personnellement occupé, à une période donnée, des tumeurs osseuses chez l’enfant. Avant les années 1980, faute de traitement médicamenteux, nos seules options pour cette pathologie étaient la chirurgie, avec de nombreuses amputations, puis la radiothérapie. Au fur et à mesure, de nouvelles spécialités ont été développées durablement comme la cancérologie ORL, puis la gynécologie… Lorsque le Centre est devenu Pôle de référence en Cancérologie avec le CHU de Rouen, les orientations ont été fixées entre les deux établissements, établissant une répartition visant à éviter les doublons.

Les investissements lourds dans des machines toujours plus performantes, efficaces et précises, se sont succédés, permettant entre autres des évolutions particulièrement notables en radiothérapie. Un service à présent très loin de ses débuts, où nous ne disposions que de Cobalthérapie (bombe au cobalt) et d’un énorme accélérateur de particules, le BETATRON. Ces nouvelles technologies nous ont permis d’utiliser les électrons produits par l’accélérateur. Leurs caractéristiques physiques permettaient de  traiter des tumeurs superficielles et les tumeurs cutanées, que j’ai donc prises en charge.

L’évolution des stratégies thérapeutiques a révolutionné la prise en charge de nos patients. L’explosion dans les années 1990 des nouvelles générations de chimiothérapies, enfin réellement efficaces, ont permis de sauver de nombreuses vies. Puis dans les années 2000, l’arrivée des thérapies ciblées a de nouveau donné un élan d’espoir.

Becquerel en grève !

Le climat social était globalement bon, mais comme tout établissement, le Centre a connu plusieurs périodes de désordre. A la fin des années 1980, lors des travaux d’agrandissement du nouveau bloc opératoire et de l’Unité de Soins Intensifs (USI), il y a eu des infiltrations dans le service de radiothérapie qui se situait en sous-sol puis au niveau des archives qui ont été inondées. Cela a occasionné quelques agitations de la part du personnel, se soldant par une grève. En signe de protestation, les films de radio avaient été étendus pour sécher dans le hall, aux yeux de tous !

Une retraite active

J’ai pris ma retraite en 2005, mais 6 mois après mon départ, on m’a proposé de reprendre pendant un temps une vacation mensuelle au Centre, me permettant de suivre tous les patients inclus dans une étude clinique européenne dont j’étais l’investigateur.
 
Un engagement associatif fort
Je suis à présent Président du Comité de Seine-Maritime de la Ligue contre le Cancer, qui est une association dont la vocation est d’informer, sensibiliser et prévenir pour lutter efficacement contre le cancer, puis améliorer la qualité de vie des personnes malades et de leurs proches. Nous soutenons également les établissements de santé dans leurs financements de travaux de recherches, d’investissements de matériel innovants, ou d’accompagnement des patients (soins de support). Nous les sélectionnons sur la base d’appel à projets pouvant être soumis à un conseil scientifique de Normandie constitué d’experts.
[1967-2017]
Les Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC) ont été institutionnalisés par une ordonnance du Général de Gaulle en 1945. Créé par arrêté ministériel du 15 novembre 1960 et ouvert en octobre 1967, le Centre de Lutte Contre le Cancer de Rouen porte le nom de Henri BECQUEREL en hommage au physicien français qui a reçu en 1903 le Prix Nobel de physique ,partagé avec Pierre et Marie CURIE, pour la découverte de la radioactivité naturelle. Cette année, le Centre Henri-Becquerel commémore ses 50 années d’expertise et d’innovations au service des Normands.
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