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CEETS NEWS

Pour mourir moins souvent...

LES AUTRUCHES MEURENT PLUS SOUVENT

On pense souvent que la panique, en survie, ça consiste à crier et à courir partout, les bras an l'air et les yeux exorbités. C'est bien mal connaître la manière dont les humains fonctionnent. La réalité est bien plus simple : la "panique", en situation de survie, commence en général par une sorte de sidération. Par une sorte de déni de ce qui se passe. Une sorte de "non mais ça va, c'est rien". Ce déni nous pousse à faire des erreurs totalement stupides, vues de l'extérieur. Et le stress, on le sait, ne nous aide pas toujours à faire preuve de génie.

Nous l'avons tous un peu vécu : en balade dans la nature, par exemple, on se retrouve un peu égarés. Et justement : on n'est pas certains d'être vraiment égarsé. On se retrouve avec ce petit malaise. Cette petite incertitude qui grandit. Parce que oui, au final, il faut déjà un bon sens de l'orientation pour être certains qu'on est perdus.

Et tous les humains détestent cette incertitude. 

Nous détestons tellement l'incertitude que nous préférons souvent biaiser un peu la réalité, quitte à nous enfoncer dans une erreur, plutôt que de faire face au doute, à cette absence de réponses ou de solutions fiables. Et cette peur atavique de l'incertitude -- si on ne la domine pas -- nous pourrit la vie et fait commettre des erreurs vraiment grossières. Régulièrement.

Ça, c'est une certitude.

Comment faire ?  Comment éviter ce piège ?

Plusieurs solutions existent. La première, et la plus évidente, c'est d'avoir des outils fiables et simples pour diminuer l'incertitude. Dans l'exemple où on sent qu'on est un peu égaré, en rando, il s'agira de s'arrêter et de faire le point. Et si on n'arrive pas à se situer avec certitude, on peut aussi revenir au dernier point où on était certain de sa position. Et de prendre ce temps, même si on se sent parfois un peu bête, permet d'éviter d'aggraver son cas. Et de repartir sur des bases saines.

C'est pour cette raison que, par exemple, avant de franchir une barre rocheuse que je sais pouvoir grimper mais que j'aurais du mal à redescendre, je fais toujours un point topo ultra-précis pour être le plus certain de mon coup possible. Parce que ce genre de décision, qui est un point de non-retour, demande plus de précautions. Parce que ce genre de décision va ensuite limiter fortement ma liberté d'action et le nombre de solutions qui s'offrent à moi. La liberté de pensée et d'action sont deux outils qui nous permettent de limiter l'incertitude.

D'ailleurs, c'est le rôle principal des outils intellectuels que nous transmettons au CEETS. La règle des trois, par exemple, permet de hiérarchiser nos priorités, et de faire un point de la situation : est-ce que je suis immédiatement en danger ? Est-ce que je respire ? Est-ce que je saigne ? Est-ce que je peux gérer ma température ?  Est-ce que j'ai de l'eau potable ?  C'est ultra-basique, mais ça crée une petite zone de certitude. Et ça permet de changer de mode de pensée. De changer l'incertitude en action, en sachant par quoi commencer.

Evidemment, ces principes sont valables en situation de survie, mais ils trouvent leur place dans notre quotidien aussi. Les ponts entre la survie et notre "vraie vie" sont innombrables.  Mais ça n'est pas le sujet, aujourd'hui ;)

David Manise
Président et directeur technique du CEETS

P.S.: Pour vous former, c'est ici : https://ceets.org/stagesdesurvie.php
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